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258 THÉÂTRE SATIRIQUE ET POLÉMISTE — BURKHARD WALDiS
L'auteur y travestit indignement la doctrine catholique sur Tefficacite des bonnes œuvres, doctrine qui, selon lui, ne produit qu'une sainteté hypocrite et damnable; puis il déclare que le dogme luthérien de la foi sans les œuvres peut seul assurer le salut. Au début de la pièce, « l'actor. » c'est-à-dire Vimpresario, commence par rappeler « que le Christ nous a sauvés par sa grâce et par pure bonté, sans aucun mérite ou industrie de notre part. — « Le démon, que notre salut remplit de rage, a envoyé le Pape. l'Antéchrist, pour détruire l'œuvre du Rédempteur. Il a dit avec de belles phrases qu'il n'était pas nécessaire de croire ainsi; qu'il savait un chemin plus aisé pour aller au ciel; qu'il fallait se parer des bonnes œuvres et. par elles, faire violence à Dieu. » Alors le Pape était venu en Allemagne avec les cardinaux, les larrons romains, les lettres d'indulgence, pour blasphémer Dieu :
« 11 nous a séparés de toi, Seigneur! Il nous a séduits par ses sophismes; il nous a couverts de honte; il nous a plongés dans le crime; il a entraîné dans le mal nos femmes et nos enfants; il nous a ravi les biens et l'honneur; il a mortellement blessé notre âme; il nous a violentés avec son excommunication; il nous a entraînés malgré nous dans l'enfer; il nous a conduits de la vie à la mort: il nous a livrés à Satan, corps et âme ! »
« Mais maintenant que Dieu a fait revivre sa parole, le royaume de l'Antéchrist est à jamais détruit : la ville où régnait la Rouge Prostituée est tombée. Avec son calice d'abomination, elle nous avait apporté tous les maux; elle s'était fait adorer comme Dieu luimême ' ! »
Le plan de la pièce et la manière dont il est conduit dénotent peu de sens artistique. « L'actor » commence par débiter son prologue polémiste qui n'a pas moins de cent quatre-vingt-seize vers : puis lecture est donnée de la parabole évangélique : ensuite « l'actor » reparaît, et explique que ce n'est point ici, comme à Rome, une pièce mondaine qu'on va représenter, et que l'auditoire ne doit pas s'étonner si le style n'a rien de commun avec celui de Térence ou de Plante, car il ne s'agit pas d'une fable, mais de la vérité sainte.
digue. » Buchniaim parle ensuite avec éloge « des deux e.\cellents articles de critique de Mittler et de Gœdeke », et il ajoute : « L'Enfant prodigue est le chefd'œuvre de Waldis. » Spengler écrit : « Incontestablement, l'œuvre de W'aldis doit être rangée parmi les plus magistrales productions de la polémique religieuse au siècle de la Réforme. >>
' Holstein affaiblit quelque peu le discours de « l'actor » : « Le diable, dit-il, envoie sur la terre l'Antéchrist, qui promet de montrer aux hommes un chemin aisé pour parvenir au salut. Il presse le Pape de promulguer la doctrine de la justification par les œuvres. Le Pape écoute ses avis, et de là sont venus de grands maux: mais Dieu, dans sa miséricorde, a enfin remis en lumière sa divine parole, depuis longtemps obscurcie. »