THÉÂTRE SATIRIQUE ET P 0 LE M I S TE — T HO M A S KIRCIIMAIR
le drame de Mercator (1540): l'année suivante, ce drame, traduit en allemand, eut trois éditions'. Dans cette « belle et très utile tragédie », l'auteur déclare que la doctrine apostolique et la doctrine papiste sont mises en parallèle, afin que le spectateur soit à même d'apprécier le secours que chacune d'elles peut apporter à l'âme dans les luttes de la conscience. Un marchand;, sentant la mort approcher, fait venir un prêtre et lui avoue ses fautes :
«J'ai volé, dérobé; je me suis livré à la paillardise; j'ai violé le saint mariage; j'ai assassiné, j'ai prêté à usure; ce qui est plus grave, j'ai pris part aux pillages d'églises; j'ai outragé mon père et ma mère; j'ai souvent manqué à ma parole; j'ai dilapidé les deniers publics; j'ai dépensé mon propre bien en débauches. Ma conscience me reproche toutes ces fautes, elle me torture cruellement! J'entends le démon m'appeler en enfer!... mes péchés m'oppressent... il me semble que j'ai une montagne sur la poitrine! ><
Le curé ne fait aucune difficulté de l'absoudre, mais auparavant il faut qu'il énumère les bonnes œuvres qu'il a pratiquées. Le marchand les lui nomme : il a fait l'aumône : il a châtié rudement son corps: il a fait dire des messes; il a entendu beaucoup de sermons.