‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 491 sur 573 · ECRITS SUR L'IVROGNERIE · texte numérisé non relu

ECRITS SUR L'IVROGNERIE

« 11 y a différentes manières de boire. Les uns trouvent un singulier plaisir à soulever le verre avec leurs lèvres; les autres penchent la tête vers la terre ; d'autres jDrennent deux verres à la fois et les précipitent ensemble dans leur gosier; beaucoup ne se servent pas de leurs mains^ mais tiennent leur verre entre leurs deux bras; certains artistes posent le verre sur le front, de manière à ce que le vin, par une pente douce^ descende jusque dans la bouche. Mais les plus malpropres sont ceux qui boivent dans des verres sales^ où les doigts ont laissé une trace graisseuse^ ou bien dans des couvercles sordides, ou encore dans leurs vieilles savates. Il en est même qui n'ont pas honte de boire dans un pot de chambre '... »

« Ceux qui s'intitulent les confrères buveurs, et qu'on pourrait justement appeler les confrères pourceaux, se conduisent selon leurs règlements de pourceaux. Chez eux, le buveur n'a le droit de cesser de boire qu'à trois conditions : il faut que ses yeux se remplissent d'eau, ou bien que sa respiration devienne courte et pressée, ou enfin qu'il n'y ait absolument plu.-< rien ni dans son verre ni dans la bouteille. Lorsque après de copieuses libations, le vomissement lui monte à la gorge, en ce cas, il lui est aussi permis de s'arrêter. Ce frère pourceau doit alors opérer sur la table, et se débarrasser complètement de ce qui le gêne. Que si son voisin est un peu sali de son ordure, ses confrères ne l'en estimeront que davantage. Il doit aussi se moucher dans la nappe, sans parler de mainte autre saleté qu'enregistre le règlement qui n'a été imaginé que pour se railler d'eux, bien qu'il taise en réalité quantité d'ordures et d'indécences qui se pratiquent couramment dans les réunions de nos buveurs. Et cependant des dames, des demoiselles de haut rang assistent quelquefois à ces orgies-. »

On publiait de petits traités sur le plaisir de boire : sur les Huit Yrrtus des feiames ivrognes-; ou bien l'Histoire très léridique de trois femmes ca/jables de boire jusquà vingt et une mesures de vin par jour*.

' Voy. ScHEiBLE, Schalljahr., t. IV, p. 346 et suiv.. 628. 630. Le Code du buveur prescrit (p. 474) » de ne Jamais boire à la santé du Pape, <e vampire altéré de sang, que dis-je, altéré de sang? c'est de nos ùmes qu'il a soif! Il ne désire que de les précipiter avec lui dans l'enfer ! Mais n'avons-nous pas le droit de lui demander ; Pape, que fais-tu? Que prétends-tu faire? «

-Feuilles volantes ; « Je bois jusqu'à ce que je ne puisse plus ni marclier, ni nio tenir debout voilà la vraie joie en ce monde ! Je boirai jusque dans l'éternité ! » (lo.j'J). Voy. Grobiniius {'2^ édition, 1538), p. 56 ; Goedeke, Gruadriss, t. II, p. 455, n» 1.

^ Voy. Weller, Annalen, t. I. p. 269, n» 402, ciianson de 1610.

^Ibid., ibidem, t. I, p. 273, n» 424, ciianson de 1611. Voy. encore Faceliœ.... schöne und kurzweilige Geschwenckh der (juten Trinker und Polowilzer Zucht, bemeldend erst newliclien znsamentllaubl, liissUij und kurlz zu singen, 1535 ; Weller, Annalen, t. I, p. 309, n° 89; Ein Gesang vom Vallsanfen (Worms, 1561), ]). 322, n" 161 ; Zechbruderspiegel, 1612 ; H.wx, p. 356 ; Die zwölf Eigenschaften der

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