‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 492 sur 573 · ÉCRITS SUR L'IVROGNERIE · texte numérisé non relu

ÉCRITS SUR L'IVROGNERIE

On citait comme un exemple « digne de servir de modèle à tous les gens de bien », que dans une orgie, à Meissen, « deux ivrognes delà haute société avaiimt bu alternativement de la bière et du vin jusqu'à vn consommer trente mesures, et cela sans en éprouver le moindre inconvénient. Au contraire, jusqu'à la fin de la réunion, on les avait entendus chanter leurs nobles chansons de pourceaux, ce que tout cœur chrétien ne pourra certainement entendre sans chagrin ' . « Le nouveau Contrat signé entre Martin et Etienne, entrelardé d'un grand nombre de joijeusetés et de contes facétieux, faisait part au lecteur « dun beau et nouveau salut des compagnons de la bouteille - ». De « plaisants et divertissants dialogues dïvrognes «, n'ayant généralement d'autre thème que la débauche, écrits où la religion catholique est tournée en ridicule en d'ignobles termes, se multipliaient tous les ans, et tous les ans devenaient plus orduriers^ Fischart a fourni de vrais modèles de ces sortes de dialogues dans le huitième chapitre du Geschiehtsldüterung .

Trnnkenen, par Leonliart Schertung; Die vol Bniderscliafl (Strasbourg, lo43), feuille D. Bacchus se vante (feuille B 4) du grand accroissement de son influence :

Le clergé ne me méprise pas,

Ni les belles damoiselles non plus!

La noblesse, les hautes et basses conditions me rendent hommage.

Et ma liste n'est pas encore close !

Les plus grands savants sont unanimes à m'honorer;

Les docteurs, les magistrats.

Les étudiants, les gens de lettres, les paysans.

Me reconnaissent pour leur ami !

Tous prennent part à la ronde!

Et, quelque haut placés et savants qu'ils soient,

J'en fais des fous, et des enfants !

Voy. encore d'autres passages dans Schertlin, Künstlich trinken (Strasbourg, 1538); Bacchus zu dem vollen Sileiio et Eicjenschaften der viehischen Saufer: Wickram, Sieben Hauptlaster, p. 84''-87. Voy. Pli. Str.^nch, dans le Vierteljahrscltrift filr Lilteratnr(jesch.,t. I, p. 86 et suiv.; Die Beschreibuny eines rechten Vollsaufers et Von mancherley art der Trunkenen ; Ringwalt, Die lauter Wahrheil, p. 61-78. iSur les chansons bachiques les plus grossières du temps, voy. Ethnoijraphia mundi, d'OLORiNus Variscus (Sommer), feuilles E. 5'', E. 7. Voy. dans Egidius Albertixds (Lucifer's Koniyresch, p. 235-238) les répugnants récits des orgies et des e.vct's de table du temps. Voy. aussi le Landsti'irtzer, p. 296-298. Jacques Ayrer fait dire au prince des enfers, Pluton : « Il nous arrive d'Allemagne quantité de gens que l'ivrognerie a conduits chez nous. » Mercure ajoute : « Le grand nombre de chrétiens dont le vin luVte la mort est une iionte pour l'Allemagne, ils meurent avant le temps, pour s'être soûlés tous les jom-s » (Ayrer, t. I, p. 517, 52Ü, 568).

' Feuille volante en prose et en vers, 1585.

- IlAYN,p. 397. De l'année 1608.

3 Beinhaus, p. 5'', 6.

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