‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 503 sur 573 · ANGES JOYEUX — NOUVEAUX PROPHETES · texte numérisé non relu

ANGES JOYEUX — NOUVEAUX PROPHETES

de la main droite et une épée ensanglantée de la main gauche. Une troisième version voulait que le miracle se fût passé à Leybach '. Longtemps auparavant (1557). Paul Runge, bourgeois de Schönau, affirmait que, traversant un jour une forêt, un jeune garçon lui était apparu et lui avait annoncé les vengeances et les châtiments du Seigneur. « Au moment où j'allais me séparer de lui, » écrivait-il, « je le vis remonter vers le ciel comme une araignée sur son fiP. ,

« Pour consoler les âmes chrétiennes, en ces temps malheureux où tant de démons se montrent à nous, » écrivait un prédicant en 4593, « Dieu permet quelquefois que des anges, non plus menaçants, mais joyeux et souriants, viennent visiter notre terre. Ces anges sont d'une beauté merveilleuse. J'ai connu un vieillard qu'un ange avait porté dans ses bras à travers les airs jusqu'à la demeure où l'attendait son fus malade^ » En 1581;, deux prédicants rapportaient, comme un fait hors de doute, qu'à Alberbogen-sur-le-Mein, deux anges avaient emporté sur leurs ailes un jeune ouvrier auquel il avait été donné de voir la céleste Jérusalem et les tours, d'une beauté merveilleuse, qui en défendent l'entrée. Les anges avaient enjoint à ce jeune homme de révéler cette vision, et d'en informer en premier lieu le curé de sa paroisse.

En dépit de prodiges « si clairs et si évidents, d'avertissements si graves » , les prédicants constataient avec tristesse que le monde

• Weller, Zeitungen, n°^ 310 et 770

* Wahrhaftifi Geschieht eines Kindes, etc., sans indication de lieu, 1357. Yoy. Weller, Zeiluntjen, n" 2:21. Weller (Annalen, t. II, p. 414, n" 1183) signale un mémoire imprimé à Strasbourg, relatant une apparition de l'archange Gabriel le 23 avril 1602. Jacques Frolich, imprimeur de Strasbourg, fit paraître en cette même année (1337) la relation d'un « fait de la plus grande importance » qui s'était passé à Schönau. « Un bourgeois de cette ville avait aperçu dans un bois un petit enfant assis sur un tronc d'arbre. L'enfant lui avait enjoint, avec beaucoup de gravité, d'aller dire à tous les prédicants d'e.xhorter le peuple à faire pénitence, à renoncer à l'usure, à toute pratique déshonnête, ainsi qu'à leurs horribles blasphèmes et jurons, faute de quoi Dieu châtierait le monde par le feu, l'inondation, la famine, les discordes et renchérissement des denrées. L'enfant avait ajouté que le jugement dernier était proche, que bientôt une grande épidémie de peste allait désoler l'Allemagne, et qu'à peine un homme sur quatre resterait en vie. Le bourgeois de Schönau avait encore raconté beaucoup d'autres choses effrayantes. Je maintiens ce que j'ai déjà dit : les prédicants luthériens voient malheureusement et s'aperçoivent très bien qu'avec leur Evangile et sa prétendue liberté des consciences, ils ont égaré et séduit les foules, et qu'ils sont incapables de ramener dans la voie du salut une jeunesse rude, indisciplinée et pervertie, surtout la jeunesse noble, car on n'y trouve plus ni crainte de Dieu, ni obéissance, ni charité, m loyauté ; c'est pourquoi les prédicants ont besoin de citer de tels exemples pour ramener leur troupeau à la piété et à l'obéissance par la crainte des jugements de Dieu « {Chronique de Jean Oldecop, publiée par K. Euli.ng, p. 428).

^ Wahrhaflirje neive Zeitung V07i der Erscheinung eines Engels, etc., sans indication de lieu, 1393.

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