PRODIGES RAPPORTÉS DANS LES MÉMOIRES DE WEDEL
ruches qu'il est de mode de porter au cou. Dans le même pays, un nouveau-né, dont le visage ressemblait plus à celui d'un turc qu'à celui d'un chrétien, a prêché la pénitence à ceux qui l'entouraient ; aussitôt après, il a rendu l'âme. En Silésie, un enfant est né avec une molaire d"or pur. Devenu grand, cet enfant a mal tourné '.
« Bien que tous ces faits surnaturels, « remarque Wedel, « semblent difficiles à croire, la constatation d'autres prodiges, presque incompréhensibles, que le Dieu tout-puissant opère tous les jours dans la nature, les rend plus vraisemblables, car les éléments, les métaux, les pierres changent de nos jours l'ordre primitivement établi. " Pourtant il est un prodige que Wedel se refuse à croire : On. lui a rapporté qu'en Moravie, deux anges, pendant trois jours consécutifs, ont prêché la pénitence en présence d'un grand nombre de personnes. « Ceci me semble peu vraisemblable, » écrit-il. « car en Moravie on ne manque point de bons prédicants. Il est probable que le diable se sera déguisé en ange, et que sa ruse n'a pas été découverte*. »
» Au sujet de cette dent d'or, Jacques Horstius, professeur de médecine à HelmstiAdt, écrivit tout un traité (1595). Voy, De aureo dente maxillari pueri Silesii (Lipsiœ, 1593). Il avait vu de ses yeu.\-, assurait-il, dans la bouche d'un petit paysan de sept ans, appelé Christophe Müller, une dent en or pur de Hongrie; cela signifiait que l'Empereur Rodolphe II, auquel le livre était dédié, devait remporter une grande victoire sur les Turcs, victoire qui serait le prélude d'une ère glorieuse pour l'Empire. Sur la dent d'or, voy. aussi Sprengel, t. III, p. 403-406. A cette époque, on cite de nombreux exemples d'enfants nés avec une dent d'or. Voy. plus haut. p. 376.
s Wedel, p. 168, 171, 173, 187, 197, 20i. 207. 216, 224, 238, 240, 269, 278, 301, 315, 318, 346. « Un livre très curieux a paru cet été à Magdebourg, » rapporte Oldecop dans sa chronique (1336). « Au frontispice, on voit l'image de Jésus- Christ en croix. Il contient la relation d'une apparition de Notre-Seigneur. On l'a vu dans le ciel attaché à la croix : au bout de quelques instants, Jésus- Christ est descendu de la croix et s'est assis sur les nuées. Il tenait une épée nue à la main. Les patriarches étaient prosternés devant le Juge suprême, étendant leurs bras vers lui dans une attitude suppliante. Une multitude d'anges se tenaient autour de lui, semblant tout prêts à sonner de la trompette. Une autre apparition a grandement effrayé ceux qui en ont été témoins : une troupe de démons poussant devant eux une foule de chevaUers noirs. Le livre dit que plusieurs de ces démons saisissaient les chevaliers par les cheveux, les mettaient en croupe sur leurs chevaux et les entraînaient en enfer. L'apparition a eu lieu non loin de Plauen, le jour de la Visitation ; quatre gentilshommes : l'honorable Gaspar de Forschheim, Albin Rab deSchoditz, Ciiristophe Olies de Adorf et Frédéric de Doberneck attestent la vérité de ce fait. » Oldecop ajoute : « Moi, Jean Oldecop, doyen, j'atteste avoir lu ce livre, revêtu du sceau de la ville de Magdebourg. Comme l'auteur ne se nomme pas, je suppose qu'il a été écrit par un prédicant luthérien, car les luthériens savent bien qu'avec leur doctrine et leur liberté prétendue, ils ont égaré des milliers d'âmes et qu'avec tous leurs appels àla pénitence ils ne parviennent pas à ramener leurs ouailles à l'obéissance, à la piété, à la discipline. Pour remédier au mal, ils multiplient les récits ellrayants, d'apparitions sensationnelles! » (C/iro»ug«e de Jean OWecop, publiée par K. Eüling, p. 403-404. Sermon pour le Vendredi Saint, sans indication de lieu, 1391, feuille B). Breitkopf recommandait la « lecture attentive de ces relations, écrites dans un style clair ou bien en rimes agréables, et souvent ornées de gravures ».