‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 517 sur 573 · LIVRES SUR LES SCIENCES OCCULTES · texte numérisé non relu

LIVRES SUR LES SCIENCES OCCULTES

comment, sans grand travail, on pouvait sûrement et rapidement connaître l'avenir^, au moyen d'un nouveau calcul mathématique et d'un certain système astrologique. Le bonheur ou le malheur, les maladies, la mort ou la vie, la guerre, la disette, tous ces événements pouvaient être connus d'avance avec la dernière exactitude, grâce à de si précieuses découvertes ». « Ce livre, » écrivait Thurneissen, « a été composé et écrit pour l'utilité de notre commune patrie; je l'ai mis en rimes allemandes agréables et faciles; prochainement, je compte aussi décrire en vers et publier les trente mille livres de Mercure ' . »

Jean Faulhaber, maître d'arithmétique et grammairien d'Ulm, se donnait aussi « pour un très profond investigateur des sciences occultes ». Entre autres ouvrages, il pubHa, en 4613, à Nuremberg, son Index de la science nouvelle, merveilleuse et inconnue que l'Esprit du Seigneur a tenue scellée et cachée jusqu'à ce jour, sous quelques nombres ?nystérieux et prophétiques. Ce livre, dédié au duc Jean-Frédéric de 'Wurtemberg, contenait en douze pages, au dire de son auteur, « des démonstrations irréfutables qui jamais encore n'avaient été faites en aucune langue -. » La même année, Faulhaber dédiait à l'Empereur Mathias, qui l'avait attiré à sa cour pour s'instruire de ses « secrets cabalistiques, mathématiques et philosophiques », un écrit non moins curieux, de treize pages, qui parut sous ce titre : Magie céleste et mystérieuse, ou nouvelle science cabalistique et calcul de Gog et Magog. grâce auquel les sages, les avisés et les savants instruits dans cet art divin peuvent secrètement observer et calculer sîirement les actes et les démarches des très puissants ennemis de la chrétienté Gog et Magog. Faulhaber fit certifier par Élie Steudlin, notaire d'Ulm, « l'authenticité de témoignages qui lui avaient été donnés par plusieurs savants touchant la justesse de ses merveilleux calculs mathématiques et l'importance de ses révélations sur la manière de combattre l'ennemi héréditaire, secrets qui étaient restés scellés jusqu'alors dans l'Apocalypse de saint Jean. Il était à regretter que, pour certains motifs mystérieux, d'autres secrets également admirables, cachés dans la

' Il disait avoir eu de nombreux et illustres précurseurs dans Tinvestigation des secrets terrestres et célestes : Adam, Aristote et Paracelse s'étaient rendus célèbres par leur intelligence des choses de la nature; Seth, Ptoléniée et Stofler étaient trois éclatants flambeaux de la science astronomique. « Qu'on se souvienne, » dit-il, « de ce qu'Enoch, Abraham et Luther, sans parler de Platon, ont fait pour la connaissance des choses divines, célestes et spirituelles I » « Quel sublime sagesse dans Mercurius Trismegistus. dans Cicéron et, de nos jours, dans Jean Sturmius t » « Ne possédons-nous pas à notre époque la plus grande partie des lois de Socrate et de Moïse, les règlements du droit divin et humain, ainsi que les ordonnances civiles les plus admirables de l'empereur Trajan?» (Préface, f. 2 et 3).

- Nuremberg, 1613.

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