‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 535 sur 573 · RELATIONS SUR LES LIEUX D'HABITATION DES DÉMONS · texte numérisé non relu

RELATIONS SUR LES LIEUX D'HABITATION DES DÉMONS

ont toujours existé, mais plus inconnues que de nos jours, où elles ont été aperçues de tous côtés, dans les campagnes, les bois, les eaux, les villes et les villages. L"auteur^ rempli d'enthousiasme pour la science de son temps, s'écrie dans la préface : « Que notre siècle est riche en merveilleuses interprétations de la nature ! Comme il sait expliquer les manifestations supraterrestres ou diaboliques! » «^ Le dessein mystérieux de la Providence apparaît maintenant clairement à tous les yeux ! Et comme il faut déplorer que tant de chrétiens n'y fassent aucune attention, et se refusent à croire au démon, qui non seulement habite l'enfer, mais ([ui rôde de tous côtés et gouverne, sous différentes formes, l'air, l'eau, les bois et les lieux déserts ' I » Egidius Albertinus, secrétaire du duc de Bavière, partageait entièrement les idées de son temps sur les démons et les spectres. Il écrivait gravement en 1616, dans un ouvrage destiné au peuple : « Outre les démons de l'enfer et des sphères supérieures, il en est d'autres qui habitent l'air inférieur; ceux-là prennent dans les nuages des corps et des formes diverses; ils apparaissent ainsi aux hommes, les harcèlent, les tourmentent et les tentent; ce sont eux qui produisent l'éclair et le tonnerre. Une troisième sorte de démons habitent la terre, en général au fond des forêts : ils trompent les chasseurs, ils égarent les voyageurs; quelquefois ils se tiennent au milieu des champs ou dans les cavernes, grottes et souterrains ; quelquefois aussi dans les recoins sombres de nos demeures. Quelques-uns sont méchants, d'autres sont inoffensifs, et se plaisent seulement à effrayer les poltrons par toutes sortes d'apparitions bizarres. Plusieurs prédisent l'avenir; d'autres portent les âmes à la mélancolie, à la folie, au désespoir, et sont cause qu'un pauvre désespéré court se jeter dans le puits ou dans la rivière, se précipite par la fenêtre, se loge une balle dans le corps, se poignarde ou se pend. Quelquefois ces démons persuadent aux hommes de les enfermer dans un verre, un morceau de cristal, un miroir et, quand on les évoque ou les appelle, ils répondent, conseillent et dirigent. Une quatrième espèce d'esprits habitent les eaux, les lieux humides et marécageux, ou le bord des étangs, des ruisseaux et des lacs. Ceuxlà sont très irascibles, inquiets, rusés et perfides : ils bouleversent la mer, ils font sombrer les navires et périr beaucoup d'infortunés. Quelquefois ils jorennent un corps visible : on les appelle alors sirènes, ou néréides. Quant aux esprits qui habitent les lieux arides, ils revêtent la forme humaine; souvent même, pour parvenir à leurs fins, ils empruntent la peau d'un animal. Une cinquième sorte d'esprits habitent sous la terre, dans les cavernes et les grottes des montagnes.

' Sans indication de lieu, préface, f. B.

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