RELATIONS SUR LE POUVOIR DES DEMONS
€ être à rester au logis ! » Elle le fit changer de vêtements^ lui donna à manger, et il revint à lui. » Le narrateur conclut ainsi : « Somme toute, il est hors de doute que les esprits, bien qu'ils n'aient point de corps qui leur appartienne en propre, ont pourtant le pouvoir de transporter les êtres vivants d'un endroit dans un autre '. » Pendant les Diètes, «■ on vendait publiquement le diable dans des bagues et des cristaux, » par lesquels ou dans lesquels le démon parlait et répondait à tout ce qu'on lui demandait-.
On lit dans un écrit daté de 1503 : « De nos jours, on ne se fait aucun scrupule d'avoir commerce avec le diable, de le retenir près de soi dans des bagues, des verres ou des cristaux, de l'évoquer, de conclure des pactes avec lui, de se livrer à toutes sortes de pratiques magiques. Grands et petits, savants et ignorants se plaisent à ces sortes de choses, maintenant plus que dans aucun autre temps; sur ce sujet circulent des histoires tellement invraisemblables, et pourtant si authentiques et dignes de foi, qu'on en est vraiment troublé. Qui pourrait nommer un seul pays où la magie noire n'ait point accès et ne séduise une foule de gens? Les magiciens traversent les airs, ils font des voyages fantastiques; par leurs secrets magiques, ils ont pouvoir sur les éléments, ils évoquent les morts. » « Il n'est point de condition où l'on ne rencontre un grand nombre de ces amateurs de magie : les chasseurs, en particulier, s'adonnent avec ardeur à la magie noire ^ » Le surintendant de Meissen, Grégoire Strigénicius, disait en chaire en 1602 : « Certains chasseurs, par la puissance de formules magiques, rassemblent tous les lièvres et chevreuils dune forêt dans un même lieu; d'autres appellent les oiseaux de telle manière qu'ils se réunissent autour d'eux à plus de cinq milles à la ronde. On a souvent vu les sorciers attirer tous les serpents d'un district dans une fosse, ou bien chasser d'une ville les rats et les souris; mais ils ne réussissent pas toujours*. «
Dans un poème de Jacques Ayrer, un sorcier énumère ainsi
• Christlich Bedenken, p. 131-132.
' Sur les embûches des démons et les « contraintes infernales », voy. p. 3-4. «Et si tu n"es pas toi-même un enchanteur, lorsque tu es fortement tourmenté par le désir de faire telle ou telle chose, évoque le démon, et dis-lui : Il faut que tu m'aides ! Au nom du diable, je veux que telle ciiose arrive ! Et le diable t'aidera! » Ailleurs, on lit : « A Slof, quand on fondait une cloche, le fondeur la fondait pour la troisième fois au nom du diable, après quoi elle rendait un son admirable » (Spiess, Archivishe ^'eben arbeiten, t. I, p. 68, note).
* Diluvium, p. S99.