LES MAGICIENS ET LES EVOCATEURS DE DEMONS
morts, les forcer à paraître, » lit-on dans un autre écrit (1563) ; « il n"y a pas à en douter, car beaucoup ont été témoins de ces apparitions très véridiques, et ils ont attesté et témoigné sur le salut de leur âme la vérité de leurs dépositions. Mais il est impossible d'évoquer les âmes des bons et dévots chrétiens; ceux qui révèlent les choses cachées sont les esprits des méchants qui, après leur mort, ne trouvent pas de repos, et sont forcés d"errer çà et là avec angoisse ^ » <> Les âmes qui ont traversé la mort encore chargées de péchés, » écrivait Cornélius Agrippa de Nettesheim, « vivent, comme les démons, enveloppées dans les vapeurs et les brouillards; les sorciers peuvent les évoquer, les forcer à paraître-. » Au sujet des tables mouvantes, Samuel Brenz. d'Osterberg, près Älemmingen, juif converti, disait de ses anciens coreligionnaires : « Ils choisissent le temps favorable; au moyen de la sorcellerie, ils forcent la table à se mouvoir; ils marmottent des mots diaboliques^ et la table, fût-elle chargée de poids énormes, s'élève en l'air. >- Le juif Salomon Zebi, dOffenhausen, dans son écrit apologétique intitulé : la Thériaque juive, livre publié à Hanovre en 1615, ne nie pas que les tables puissent s"élever de terre; seulement il affirme que ce phénomène n'est produit ni par le démon, ni par la sorcellerie, mais uniquement par la cabale et grâce à Te'nonciation de certains noms sacrés *.
Un grand nombre d'ouvrages cabalistiques et talmudistes s'accordent à dire qu'on n'est vraiment mis au rang des serviteurs de Satan que lorsque, de son plein consentement, on lui livre son âme par un pacte positif, et qu'on entretient avec lui et ses suppôts un commerce personnel; alors, à certaines époques, on a le droit de prendre part aux danses, festins et orgies sataniques. Beaucoup de magiciens, affirment ces mêmes livres, « se métamorphosent en animaux pour mieux nuire aux hommes; d'autres, en peu de temps, franchissent de grands espaces. Ils emploient aussi des moyens extérieurs, surtout un baume magique, composé du suc de certaines plantes et de dillerentes huiles ^ » Pour prendre leur vol à travers l'espace, les magiciens, selon Sigismond Frédéric, « n'ontpas toujours besoin de s'envelopper d'un manteau ou d'enfourcher un bouc ; ils se servent simplement d'un baume, d'une huile particulière, qu'on pourrait nommer si la prudence le permettait. Avec cette huile, que leur seigneur et maître le diable leur apprend à composer et à
' Von Hdllenzivànfjen, p. 7.
- Voy. Sprengel, t. III. p. 400-401.
^ Kishuph.
* Voy. Schneider, Geisterglaube, p. 59-60. Perty s'est donc trompé en assurant que les tables tournantes et frappantes nous sont venues de l'Amérique du nord.
* Voy. GöRREs, 4', p. 50-5b.