‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 542 sur 573 · LES ESPRITS FRAPPEURS ET LES TABLES MOUVANTES · texte numérisé non relu

LES ESPRITS FRAPPEURS ET LES TABLES MOUVANTES

distiller, ils oignent leurs corps, et suivent pendant quelques jours un véritable traitement, puis ils sont en état de se transporter très rapidement d'un endroit à un autre '. »

Un contemporain se plaint de la vente autorisée de petits livrets, de feuilles spéciales, enseignant le secret de voyager avec le diable, indiquant toutes sortes de formules magiques, à Taide desquelles on peut l'évoquer et obtenir de lui tout ce qu'on lui demande; on fait accroire au peuple qu'à certaines époques de l'année on peut obliger les démons à fournir de Targent à quiconque en demande; il est hors de doute que l'auteur de semblables livres n'est autre que le démon *.

Parmi tant d'écrits jetés en pâture à la curiosité populaire, il faut citer la Contrainte d'enfer (i5T5), livre publié sous le nom du célèjjre docteur Faust. Faust avait évoqué des démons, des esprits : il les avait contraints de lui apporter tout ce qu'il voulait, de lui obéir en toutes choses. "S'oici de quelles paroles, suivant ce livre, il fallait se servir pour commander comme lui aux esprits des ténèbres : " Séloth, au nom de Jésus-Christ, je suis ton maître, et je t'ordonne en premier lieu de paraître devant moi à l'instant sous une forme humaine, sans faire aucun tapage, sans nous effrayer par un aspect hideux, sans aucun dommage de nos corps ou de nos âmes ! Je t'ordonne, Séloth, d'apporter ici de l'argent, de l'or, i" quintaux d'or oriental, et cela en telles conditions (|u'en tout pays cet or puisse être reconnu bon, et avoir cours. » Si la conjuration ne réussissait pas, c'est qu'on n'avait pas bien em|»loyé les moyens indiqués, car il fallait pour cela un art particulier. Voici comment le docteur Faust s'expliquait à ce sujet : « Quiconque aime For, l'argent ou les pierres précieuses pourra, par mes enchantements, s'en procurer autant qu'il en voit marqués dans ce livre. Mais pour cela il faut que, dans tout le cours du présent livre, il sache discerner et découvrir les vraies paroles de la conjuration, et qu'en trois fois trois heures, il soit en état de les lire ou de les réciter de mémoire; de plus, il faut qu'il consacre avec soin les cercles et le trépied d'argent; qu'il prononce les noms, les paroles et les lettres fournis par les personnes présentes, le tout conformément aux égards dus à la qualité de chacun ■'. ^

' Von wunderlicher Verzückung, F. A. 4. Voy. A. 3.

2 Von Hollenzwàngeii, p. 3-4. Le livre de PaulFrisius : Des Teuffel.s ^'ebelkappen d. i. Kurtzer Begriff den ganlzen Handils der Zuubereg, sans indicatioQ de lieu, 1583, est très instructif. « Les sorciers qui offrent des enfants à Satan lui sont très particulièrement agréables, » dit Thomas Sigfridus (F. A. 4). Un comte, qui était sorcier^ égorgea un jour huit jeunes enfants, et les offrit au diable; celui-ci lui ordonna d'arracher son propre fils des entrailles de sa mère et de le lui offrir.

3 Voy. Adelung, p. 7, 365-408. A la cour de Rodolphe II, à Prague, vivait.

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