‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 543 sur 573 · LE DOCTEUR FAUST — LE LIVRE DE FAUST DE J · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR FAUST — LE LIVRE DE FAUST DE J

Le docteur Faust résume en lui toutes les notions du siècle^ sur la sorcellerie. De même qu"on faisait paraître, sous le nom de Paracelse, quantité d'ouvrages sur les sciences occultes, de même, sous le nom du docteur Faust, son contemporain, on publiait une foule décrits renseignant le public sur les opérations secrètes de la magie noire, et les gens simples et crédules, les savants, les grands seigneurs, accueillaient avec une aveugle crédulité toutes ces informations, toutes ces infaillibles recettes. Dès 4539, Philippe Begardi, médecin de Worms, comparait la gloire de Faust à celle de Paracelse, et plus tard un autre écrivain mettait au même rang le docteur Faust et le « très illustre magicien » Cornélius Agrippa, de Nettesheim.

<t Un savant doué d"un grand courage et d'une rare énergie, » dit Begardi, « a parcouru le monde en l'espace de quelques années; nul n'ignore son extraordinaire mérite; il s'est acquis une grande célébrité par sa science profonde, non seulement comme médecin, mais comme chiromancien, nécromancien, physionomiste, voyant, etc. Lui-même reconnaît les grands dons quil a reçus du ciel, il dit sappeler Faustus, et sinstitule philosophuni philosophorum '. »

Le plus ancien livre populaire sur Faust parut à Francfort en 1587. Il faisait partie d'une série d'ouvrages d'une stricte orthodoxie luthérienne que l'éditeur Jean Spiess'^ avait pris à tâche de propager. On n'y découvre aucun vestige de l'ancienne foi; le culte et le clergé catholiques y sont tournés en dérision, dans le langage ordinaire de la polémique protestante à cette époque. Méphistophélès parait sous le froc du moine. Pendant son séjour à Cologne, Faust rencontre le diable près de la châsse de sainte Ursule et des onze mille vierges. A Rome, il demeure trois jours et trois nuits au château Saint-Ange; invisible à tous les yeux, il pénètre « toutes les pratiques impies du Pape et de ses suppôts » . « Ces bons pourceaux

de 1384 à 1389. le célèbre magicien anglais, le docteur John Dee, qui, avec son famulus l'apotliicaire Kelley, évoquait, au moyen d'une boule de cristal, toutes sortes d'esprits. Dee cite à propos de ces évocations différents mémoires dont î'un avait paru en 1559. Voy. Mkiss.xer, Untersunchnngen über Shakspearé's Sturm, Dessau, 1872, p. 42-46, et Meissner, Die englischen Comödianlen,p. 26.

' Voy. sur le docteur Faust divers témoignages des contemporains, antérieurs ou postérieurs dans Goedeke, Grnndriss, t. II, p. 562 et suiv. On y trouvera aussi des indications précieuses sur toute la littérature relative à Faust.

'Voy. Fb.^nk Zar\cke, Johann Spiess, der leruustjeber des Fansibuches und sein Verlag, Allgemeine Zeitung, 1880, n° 246.

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