‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 545 sur 573 · LE LIVRE DE FAUST DE · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE FAUST DE

A en croire cette « très véridique histoire », Faust était fils d'un paysan de Rod, près Weimar; il avait obtenu à AVittenberg le grade de docteur en théologie, mais bientôt il avait mis la Sainte Écriture « derrière la porte et sous le banc », pour se livrer tout entier à une vie licencieuse et impie. En même temps, « il s'adonnait aux sciences occultes et magiques. » Tout son effort tendait à aimer ce quil ne devait pas aimer^, c'est à cela qu'il s'appliquait sans relâche. Enfin, « prenant son vol comme un aigle audacieux,, il voulut scruter jusqu'aux fondements du ciel et de la terre ; son impiété aiguillonnait tellement sa curiosité et sa présomption qu'au bout de quelque temps il essaya le pouvoir de plusieurs formules magiques, figures, caractères, conjurations, et réussit à faire paraître le démon en sa présence. Sur l'ordre de Lucifer, le très puissant démon Méphistophélès vint le trouver, et le docteur lui livra son âme par un contrat signé de son sang. A l'instant même, il fut pour jamais séparé de son Créateur et Sauveur, et devint la propriété de Satan. Cette apostasie n'eut d'autre cause que son orgueil, sa désespérance et sa témérité. Il en fut de lui comme de ces géants, qu'ont chantés les poètes, qui tentèrent d'escalader les monts malgré la défense divine; ou comme du mauvais ange qui se révolta contre Dieu et, en punition de son orgueil et de son audace, fut à jamais rejeté et séparé de son Créateur. Faust avoue lui-même dans le pacte conclu avec Méphistophélès qu'il se donne au démon, « parce que, s'étant proposé de spéculer sur les éléments, il n'a pu réaliser ce qu'il a dans l'esprit aidé seulement des dons qui lui ont été débonnairement accordés par le Seigneur ; qu'il n'a jamais pu découvrir certains secrets par sa seule intelligence et que, les hommes n'ayant pas eu le pouvoir de l'en instruire, il s'est adressé au démon. »

Leipsick, 1888, p. 181 et suiv. Das älteste Faustbuch, avec une introduction de W. ScHERER, Berlin, 1884). Sclieier distingue troi.s sources principales dans la tradition du seizième siècle sur Faust : la première, selon lui, provient du Haut- Rhin, la seconde de Wittenberg, la troisième d'Erfurt (Schwengberg, Das-Spiess, Faustbuch und seine Quellen, Berlin, 1885 ; G. Elli.nger, Zeitschrift für deutsche Philolofjie, 1887, t. XIX, p. 244-246. Voy. aussi, du même auteur, pour les sources du Faust de 1587, la Zeitschrift fur vergleichende Litteraturgeschichte, nouvelle suite, t. I, p. 156-181, et le Vierteljahrschrift fur Litteraturgeschichte, t. IL p. 314 et suiv.). Dans le Kalzipori de Michel Lindner, on trouve trois histoires de Faust. Deux de ces histoires, malheureusement altérées, ont été insérées dans le livre de Faust. Elles donnent la forme primitive sous laquelle cette légende a eu cours dans le peuple pendant toute une génération, avant la publication du livre de Faust. Dans Lindener, le savant impie ne s'appelle pas Faust, mais Schrannhanss » (Bobertag, Archiv für Litteraturgeschichte, t. VI, p. 142). On trouvera d'autres études sur les somces du plus ancien livre de Faust dans le Vierteljahrschrift far Litteraturgeschichte de Szamatolski et Hartmann, 1. 1, p. 161 et suiv. (Les entretiens sur l'enfer et le paradis, sur les apparitions célestes sont tirés de YElncidarius du moyen âge). Voy. aussi sur le même sujet Frankel et Bauer, t. IV, p. 361 et suiv. (Extraits d'Agricola, de Franck et de Brant).

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