‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 546 sur 573 · LE LIVRE DE FAUST DE WIDMANN DE · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE FAUST DE WIDMANN DE

« Aussitôt qiiil se fut ainsi livré^ il fut perdu sans ressource. Pendant vingt-quatre ans, toute la science, tous les secrets de l'enfer lui furent communic|ués ; mais, ce délai expiré, il devint corps et âme la proie du diable, malgré toutes ses lamentations et ses gémissements sur son irrémédiable destin, malgré les paroles de repentir et les sages exhortations qu'il adressait encore à ses amis le soir de son effroyable mort. »

Tout ce quil y avait d'émouvant, de profondément religieux dans l'ancien livre populaire de Faust, est retranché dans le nouvel ouvrage, divisé en trois parties, que Georges-Rodolphe Widmann fit paraître à Hambourg en 1599 sous ce titre : Histoire véridique des exécrables forfaits dont le docteur Jean Faust s'est rendu coupable^. Ce livre, qui ne tarda pas à devenir plus populaire que l'ancien, ne contient cjue des pasquinades et une foule d'aventures bizarres et fantastiques; dans les anecdotes qui font suite à chaque chapitre, l'auteur ne s'est proposé qu'une chose : exciter les haines protestantes contre lÉglise catholique'.

« Ce ne sont pas seulement les vieilles femmes et les sorcières qui montent journellement sur le bûcher, mais les enchanteurs et les magiciens; l'autorité devrait les châtier dans leur corps, et même les priver de la vie, » écrivait Widmann. Selon lui. il y avait deux sortes de magie, « l'une à droite, l'autre à gauche. » La première se pratiquait continuellement chez les papistes dans les bénédictions, les consécrations, les confirmations, etc.; tout aussi bien que la seconde, c'était la vraie magie noire. Elle blasphémait le Créateur pour rendre un culte à Moloch; elle abandonnait Dieu pour servir la créature *. ■< Parmi les Papes, on comptait beaucoup d'enchan-

1 Inipriiiié par Scheible, Kloster, t. II, p. 275-204. Voy. les titres des trois parlies de l'ouvrage dans Gijedeke, (irundriss, t. H, p. -67; t. V, p. 8. « Le livre populaire de Francfort avait d'abord paru satisfaire la passion du public pour l'histoire de Faust; mais il ne répondait pas de tout point à l'attente et aux -besoins du lecteur lutiiérien auquel il était particulièrement destiné. Le récit n'était pas assez complet, assez détaillé, pas assez savant, pas assez didactique ; au point de vue Intlurien, il n'était pas assez ardent, assez antipapisle et anticatholique. Pour remédier à ces lacunes, Georges-Rodolphe Widmann (de Schwübisch Hall) écrivit « son œuvre trois fois sainte, abondamment enrichie de sou- « venirs », et la publia à Hambourg en 1599. Elle a servi de modèle à tous les autres livres de Faust » (Iv. Fischer, p 134 à, 135). La nouvelle édition, revue et augmentée par le médecin Ch. -Nicolas Pfizer en 1674. a été récemment réimprimée à Nuremberg par A. de Keller, dans la Bibl. des Stiitlyarter. Literur Vereins, f. 146, Tübingen, 1880.

- J.-G. GöüELiiA.NX, professeur de droit à Rostock, allait encore plus loin. « En vérité, » disait-il, « toute la papauté est infestée de magie et de sorcellerie. Les vrais et zélés papistes, ceu.x; mêmes de l'état ecclésiastique, sont plus profondément pris dansleslacsdela puissance des ténèbres que les sorciers eux-mêmes. » « Les bénédictions du sel, de l'eau, etc., etc., ne sont autre chose que sorcellerie impie et blasphématoire, comme l'a si justement écrit le plus illustre théologien de Tubingue, Jacques Heerbrand. D'après lui, le saint chrême n'est autre

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