‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 547 sur 573 · LE LIVRE DE FAUST DE WIDMANN DE · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE FAUST DE WIDMANN DE

teurs et de magiciens. Grégoire VII, par exemple, grâce à de petites soupes vénitiennes, s"était débarrassé de six papes : Clément II, Damase II, Léon IX, Victor II, Etienne IX, Nicolas II, bien que ces papes fussent tous magiciens, de sorte qu'un démon en chassait un autre. » Malgré la réprobation de plusieurs princes de l'Église, le Pape avait livré en secret des enfants chrétiens aux juifs, partageant avec eux le sang de ces pauvres victimes. Quand il secouait les larges manches de son röchet, on voyait s'en échapper des étincelles et des flammes. Grégoire IX avait découvert le rare secret magique de se transporter en volant d'un endroit à un autre. Lorsque Paul II signa de son sang un pacte avec Satan, le diable avait avidement recueilli le sang qui jaillissait de sa main blessée.

Au dire de Widmann, chaque Etat, chaque pays, avait son démon particulier : « Les plus puissants attaquent les âmes par le désespoir et par l'hérésie; les papes sont assistés par cette sorte de démons. Il y a aussi le démon zwinglien, le démon calviniste. Le diable se cache souvent sous le froc d'un moine, pour montrer que dans le papisme les moines et les religieux impies sont ses plus fidèles serviteurs, et comme ses masques, car il n'est point de crime, point de malice ou d'ignominie dont les moines impies et les magiciens, tous instruments du diable, ne commettent quand Dieu le permet. » Dans le nouveau Faust, le Pape, revêtu des ornements pontificaux, marche sur les flots appuyé sur une crosse d'évèque. Widmann ne trouve rien d'étonnant à ce que le docteur Faust ait avalé une pleine charretée de foin, car un autre enchanteur, nommé Wildfeuer, avait avalé un jour un paysan avec la voiture et le cheval, et le docteur Hédion avait rapporté qu'un mage, en route pour Kreuznach, ayant rencontré un paysan qui conduisait du bois au marché dans une charrette, avait englouti paysan, cheval, charrette, et tout le bois. Le même magicien avait un jour dévoré un homme tout armé, puis l'a-vait vomi. Porter avec soi un démon dans un verre était considéré par Widmann comme un fait assez commun. A l'en croire, le magicien Pierre Apponus avait sept dénions à son service, et chacun d'eux le renseignait sur l'un des sept arts libéraux'.

La Vie de Christophe Wagner, famuli du très célèbre magicien Jean Faust, continuation du livre de Faust, parut en 1594 « à Girapoli, chez

chose qu'une invention diabolique; la transsubstantiation, qu'un sortilège » (GöDELMANN, p. 63 etsuiv.. p. 480-481). Abraham Scultetus, dans ses sermons sur la sorcellerie (p. 13), appelle aussi la transsubstantiation, une pratique sataniquc, « un acte de sorcellerie véritable. »

' Voy. ScHEiBLE, Kloster, t. II, p. 277-278, 294, 302, 304, 308, 324, 333, 336, 337, 347, 348-349, 334, 416-417, 486, 491,336-337, 692, 770 et suiv., 777, 778. Voy. (f. B. 4) ce que dit Sigismond Friedrich : « Jean Camemarius affirme avoir vu luimême quelques-uns de ces démons; le diable répondait à leurs questions à tra-

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