‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 548 sur 573 · LE < FAMULUS » DU DOCTEUR FAUST · texte numérisé non relu

LE < FAMULUS » DU DOCTEUR FAUST

Constantin Josephum » . « C'est ce même Wagner qui, sur le Blocksberg, évoqua un jour le démon Auerhan : A ce moment le sol trembla, les étoiles tombèrent du ciel et se répandirent çà et là sur la terre^ semblables à des feux follets; quelques-unes se changèrent en bideux serpents qui menaçaient Wagner de leurs langues aiguës. D'autres se transformèrent en dragons ailés et se livrèrent, dans les airs, un combat acharné. Wagner aperçut un chameau sortant dun nuage de fumée. i Que veux-tu de moi? « lui dit-il. « Que tu te transformes en singe, » répondit Wagner. Aussitôt il vit devant lui un singe à quatre têtes; mais, à la demande de Wagner, il redevint comme tous les singes. 11 faisait des gambades étranges, exécutait des danses indécentes, jouait à la fois du fifre et du tambourin, et soufflait dans une trompette avec tant de force qu'on eût dit que cent hommes jouaient avec lui du même instrument. Wagner fit plusieurs voyages en compagnie de ce démon, visita le nouveau monde, et se livra à toutes sortes de pratiques diaboli(iues, jusqu'à ce qu'enfin, comme son maître Faust, il fût emporté par le diable. » Lauteur prétend publier son livre pour apprendre aux chrétiens à redouter le démon et à se mettre en garde contre ses pièges'.

Les récits qui circulaient alors sur Thurn de Thurneissen, médecin de l'Electeur de Brandebourg, prouvent à quel point la magie noire occupait alors tous les esprits ; chacun tenait pour véridiques les contes les plus absurdes, et cela dans toutes les classes de la société. Thurneissen lui-même cite les fables dont il est le héros : On avait vu près de lui un démon caché sous la forme d'un élan qu'il avait reçu en présent du duc de Lithuanie; ce diable parcourait tout le pays, récoltant de l'argent pour son maître. Un jour, dans un festin, étant ivre Thurneissen avait fait présent à l'un des convives de ses chevaux et de sa voiture, ordonnant en même temps à son cocher d'utteler immédiatement. Le cocher avait répondu ; • Maître, où donc irons-nous ? Avez-vous bu et mangé avec si peu de retenue (;ue vous ne sachiez pas que vous venez de donner vos chevaux et votre voiture '? » « Va aux cent mille diables ! » avait-il répondu, « trouve-moi sans tarder des chevaux et une voiture! > Comme le cocher s'éloignait ne sachant ce qu'il devait faire, il vit devant lui quatre chevaux noirs, beaux et bien

vers un crâne humain. La tête avait été auparavant ensorcelée comme on ensorcelle les cristaux et les anneaux où l'on peut scruter et voir ce qu'on désire, car dans les cristau.x et les anneaux non ensorcelés, on ne peut rien voir ni rien apprendre. » Le magister de Marbourg, Philippe-Louis Elich (1607), prétendait que les magiciens avaient le pouvoir d'enfermer le diable comme en une prison dans les cristaux, anneaux, etc. : Dœmones enim semper voluntariœ ad sunt, tel superiorum dœmonum imperio eoacti, seque carceri includi sinunt ELicH.p. 201;. ' ScHEiBLE, Kloster, t. III, p. 188. Voy. en particulier, p. 38 à 43 et 185-186.

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