GEBIIARD TRÜCHSESS ET SA (( DIVI.VR ENTREPRISE », IS
et les bahuts, assommé le bétail, blessé, tué à coups de pique ou de mousquet des gens inoffensifs. Dans plusieurs villages, des maisons, des églises ont été incendiées; l'argent, le blé, les denrées les plus nécessaires à la vie, les ustensiles de ménage, tout a été chargé sur des chariots et emporté ; enfin ils se sont conduits envers les Catholiques comme s'ils eussent été des ennemis jurés, des rebelles, des séditieux. Le dommage ne se peut évaluer. »
La comtesse Agnès se montrait « de tout point digne de son époux ». «A Attendorn, » écrit Kleiiisorgen, ce Truchsess^et sa jeune épouse ont passé toute la journée à boire d'une façon admirable. La nuit venue, Gcbhard s'est rendu au cimetière, où. il a dansé avec la comtesse sa femme. Il s'est fait ensuite chanter par les mineurs les chansonsles plus ignobles, et les a répétées avec eux. Accompagné de Gaspard Mathiiiis, élu depuis peu surintendant, et suivi d'une foule de peuple, il a pénétré dans l'église d'Attendorn. Là les autels ont été brisés et tous les tableaux mis en pièces, Gebhard lui-même a saisi le marteau et, à force do coups vigoureusement assénés, a brisé en mille morceaux un autel de pierre, sous prétexte qu'Agnès avait en horreur les autels et les images. Dans une église de village, près de Werl, on est allé plus loin : Mathäus a violé le tabernacle, et les saintes hosties ont été foulées aux pieds. Le bâtard de la Recke et Jean Dinckelmann ont été les dociles instruments deTruchsessdans ces effroyables attentats ; le premier a frappé si rudement un comptable de Werl rjuc lo pauvre homme est mort peu de temps après des suites de ses blessures ; le second a tué son propre frère Michel. » « Le 11 août, Truchsess, s'apercevant que dans le cimetière un très beau crucifix était resté intact, dit à l'un de ses soldats : « Allons, mon brave, approche, donne-lui un bon coup de pique et, s'il saigne, apporte-moi son sang ! » Là-dessus il donna l'ordre d'enlever le crucifix. A Wockelum, le 17 août, la maison de noblesse du bailli Hermann de Hansfeld a été livrée aux flammes, et c'est Gebhard lui-même qui, dans un accès de fureur, a ordonné cet inutile et dangereux incendie. 11 a exigé aussi que les paysans lui promissent par serment de mettre à mort les prêtres qui oseraient dire la messe et les fidèles qui viendraient y assister. Où donc est la liberté de conscience qui nous a été promise^ ? »
Partout les habitants, opprimés, dépouillés, devaient en outre se plier aux plus dures exigences'^. Avec l'or et l'argent volés dans les
« Kleinkorgfn, t. XXXVIl, pp. 128, 165, 283, 29:', 306, 308. - Kleinsorgen, pp. 251 -2oo. Voy. p. 103.