‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 67 sur 573 · ISSUE DE LA GUERRE DE COLOGNE. 1Ü · texte numérisé non relu

ISSUE DE LA GUERRE DE COLOGNE. 1Ü

lieu, vers la reine Elisabeth, lui rappelant « que c'était pour sauver sa conscience et celle do ses sujets qu'il avait abandonné le culte idolâtre de Rome ». Mais « la reine-vierge », comprenant que son entreprise n'avait plus la moindre chance de réussir, se contenta de lui répondre avec « une sainte sévérité » que «son mariageavait clairement démontré qu'il avait été poussé moins par un zèle désintéressé pour la foi que par l'aiguillon de la chair et de la volupté, et que sa conduite déréglée contraignait tout le monde à lui tourner le dos ». Cependant elle lui fit parvenir « une aumône anglaise » de deux mille thalers. La comtesse Agnès, envoyée plus tard en Angleterre pour attendrir le cœur de la souveraine, obtint encore moins d'elle. Ayant noué des intrigues avec le comte d'Essex, l'amant de la reine, Agnès reçu! l'ordre de quitter immédiatement l'Angleterre'. En mars 1585, Henri de Navarre lit une tentative suprême pour gagner la reine et lui faire comprendre « l'importance de la sainte cause de Cologne, et son extrême gravité pour la Chrétienté tout entière^ » : il ne put rien tirer d'elle.

Au mois d'août 1584, l'archevêque Ernest fut admis au collège électoral; mais il n'avait pas grand sujet, de se réjouir de sa victoire ;"il trouva l'archevêché dans le plus lamentable état et, pendant de longues années, le pays porta les traces des horreurs qui s'y étaient commises.

« La vaste conspiration de Truchscss et de ses partisans, qui eût équivalu, si elle eût réussi, au renversement des lois etdes constitutions du Saint Empire, à l'abolition de la paix de religion, à l'oppression, ou plutôtà l'extinction totale de la religion catholique dans tous les évêchés, était heureusement anéantie, en dépit de tant d'enrôlements à l'étranger, de tant d'intrigues, de tant de recours à la force. » Néanmoins, il était évident, pour tous les esprits clairvoyants, que, pour les Catholiques, le mal n'était que momentanément conjuré. Comme eux, les Luthériens étrangers aux (( pratiques » et conspirations du dehors ne se sentaient nullement en sécurité. « Les têtes chaudes, les brouillons, » écrivait un conseiller de rÉlectorat de Mayence vers la fin de l'automne 1584, « ne manqueront pas, sous prétexte de religion, mot dont ils abusent pour tromper le pauvre peuple, de forger de nouveaux complots : le saint Empire ne connaîtra plus la paix. La puissance impériale n'est plus qu'une ombre; les princes et le peuple sont ruinés, les membres d'Empire désunis et pleins de méfiance et de

* Voy. Barthold, Gebhard Truchsess, etc., pp. 70-72. - Berger de Xivrey, t. II, p. 17.

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ressentiment les uns contre les autres. En un pareil état de choses, les aventurieri ont beau jeu. Que Dieu ait pitié de nous! Le comte palatin vient, à ce qu'il me semble, de nous montrer à Heidelberg ce que les Luthériens auront à attendre de lui et des siens, le jour où les Calvinistes auront le dé en main ».

• Projet d'une instruction pour un ambassadeur de Mayence envoyé à l'Electeur de Brandebourg, 27 nov. l;<8i.

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