‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 73 sur 573 · UR L\ DEFENSE DES JESUITES · texte numérisé non relu

UR L\ DEFENSE DES JESUITES

preuve à l'appui de ce qu'il avance. « Comment oses-tu affirmer, » lui demande-t-il, « ([u"un .Jésuite a écrit secrètement à Augsbourg pour demander que dans cette ville, et dans toute l'Allemagne, la Confession d'Augsbourg soit abolie? Cite donc exactement le texte de cette lettre ! Où liabite-t-il, ce Jésuite, dans quel collège vit-il, à qui a-t-il adressé sa lettre? Tu t'en montres très scandalisé, tu insinues qu'il y est ([uestion de meurtres abominables, et tu n'es pas même en état de nous en citer le moindre mot ! Ah ! si tu avais réellement trouvé une seule phrase suspecte écrite par un des nôtres et conseillant l'assassinat, tu ne l'aurais certainement pas cachée, tu l'aurais au contraire fait imprimer en gros caractères »! v Quant aux deux discours dont on fait tant de bruit et dont l'un compte déjà dix-sept ans d'existence, qui les a composés, qu'avons-nous à y voir, en quoi nous concernent-ils? Quelle que soit ton impudence, tu n'oserais pourtant soutenir qu'ils soient sortis de chez nous? Aussi te contentes-tu de dire que « très certainement » ils ne nous sont pas inconnus. Voilà vraiment une preuve solide dans la bouche d'un docteur! Qui sait si ces deux discours n'en pas été forg-és par toi ou les tiens, dans le but unique de nous faire délester davantage, nous et tous les Catholicpies? N'estce pas ainsi que vos agissez tous les jours? Mais au lieu de prouver cequetu avances, tu te contentes toujours d'écrire : on dit, nous avons appris, les Jésuites ont telle ou telle intention^ on a acquis la certitude que, etc. Voilà sur quelles preuves reposent ton pamphlet, ton fatras de calomnies! A l'avenir, quand tu voudras répandre de si graves accusations contre nous ou contre les autorités et les potentats chrétiens, prouve ce que tu avances, car cela est juste; désigne le livre, nomme l'auteur, dit comment, quand, pourquoi, cite exactement les passages (jui nous condamnent. Nous sommes

main? (".her Oslander, croiitc un peu les conseils que donne Lnllier aux siens au sujet du Pape, qu'il compare à un ours, à un animal malfaisant ». Scherer cite ici les plus violentes diatribes de Luther contre le Pape (pp. 15, 18, 22, 24). Il ajoute : « El puisque tu parles des vers latins qui sont des deux cotés du tableau, dis-moi, Osian<lcr. ces vers ont-ils Irait à la Confession d'Ausçsbouru,- et aux princes lutliéricMs? Et lu ne dis rien des Turcs, auxquels cependant se rapportent très clairement ces vers :

Cirolus liiiic plonis cimtorlam viribus hastam In fera Turcaruin bellator viscera inergit.

De cela tu ne dis mol, et lu pérores, en revanche, sur les princes luthériens et les membres d'Empire de la Confession d'Aug-sbourg, dont les vers ne disent absolument rien ! » « Quant à moi, je ne te cite aucune iaiat^e, bien que depuis l'empereur Charles, jusqu'à aujourd'hui, des milliers d'içnobles et séditieuses images contre les Catholiques Client été publiées par les vôtres en tous lieux.comme chacun le sait. » pp. 13, 15, 21 .

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SI loin d";ivoir dans l'esprit ce dont tn nous accuses que chacun de nous serait prêt, si cela était possible, à donner de <;randc(eur mille vies pour le .salut et la prospérité des princes luthériens. Et plût à Dieu que nos pieux princes fussent exactement informés de notre vocation, de notre doctrine, de ce que nous prêchons, de ce que nous enseignons dans nos collèges, de nos mœurs, de notre esprit, de notre genre de vie, puisque, partons les moyens imaginables, vous les prévenez contre nous. Certes, eux et beaucoup de princes catholiques auraii.'nt plus d'affection et d'inclination pour nous, ils ne se laisseraient pas si facilement aigrir ou prévenir contre nouS;, si vos prédicanls étaient plus retenus et plus justes. La haine implacable que vous nous avez vouée vient uniquement de ce que, Dieu merci, nous sommes passablement instruits de vos inventions, de vos mensonges, de vos rancunes hérétiqueS;Ct que nous serions en état de découvrir et de prouver à tous la ruse et la perversité dont vous usez pour nous perdre, tout en prétendant n'avoir de zèle que pour la propagation de l'Évangile ! Tout le mal qui arrive en ce monde vient des Jésuites. Vous écrivez et vous déblatérez tant que vous pouvez contre nous, inventant et forgeant toute sorte de contes. Yous êtes tellement altérés de notre sang que vous soupirez presque après le jour où tous les Jésuites de la Chrétienté seraient massacrés en un même jour, comme le donne clairement à entendre Georges Nigrinus, dans la préface de son quatrième volume. » « De quel droit accusez-vous le Pape et les Jésuites de nourrir des projets de sang, de conseiller l'homicide? N'est-ce pas vous, plutôt, qui ne désirez rien tant que de voir une révolution, organisée par l'un de vous, réaliser tous vos rêves, nous détruire, nous extirper entièrement ? Vraiment ce ne sera pas la faute de vos prédicants si les complots et les intrigues sanguinaires sont arrêtés à temps par une disposition spéciale delà bonté divine. Mais la douceur et la bonté natives des vrais princes luihériensd'Allemagne sont si grandes, que, ni par vos prêches pleins d'excitations haineuses, ni par vos écrits et vos traités séditieux^ vous n'avez pu obtenir ce que vous recherchiez avec tant de passion. » « Nous autres Jésuites nous pouvons avec une conscience libre et joyeuse répondre à vos prédicants hérétiques et bavards que ce n'est pas nous qui troublons l'Allemagne et voulons violer la paix, mais vous seuls. Que dites-vous, en effet, dans la plupart de vos prêches et de vos livres, sinon : Courons sus au Pape et à ceux qui lui obéissent! Gela est tellement vrai que beaucoup de luthériens éclairés et paciliques sont les premiers à s'indigner et à se plaindre de vos prêches tumultueux et vraiment intolérables. »

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