‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 78 sur 573 · CE QUE LES PROTESTANTS PENSAIENT DE L ASSEMBLEE DE TORGAU. 'J'J · texte numérisé non relu

CE QUE LES PROTESTANTS PENSAIENT DE L ASSEMBLEE DE TORGAU. 'J'J

Lorsque le duc Charles de Lorraine, qui faisait alors partie de la ligue française, demanda à Guillaume de Bavière et à l'archiduc Ferdinand de se joindre aux défenseurs français delà cause catholique, il ne parvint pas à obtenir leur adhésion. « 11 serait certainement fort utile, » lui répondit Ferdinand (mars I49i), « de former une ligue, puisqu'on voit tous les jours, dans l'Empire, les Protestants organiser toutes sortes d'unions secrètes et se livrera mille complots criminels pour l'oppression de la religion catholique, l'extinction du clergé et la suppression de tout bon ordre et de toute discipline. L'arrogance et l'insoumission de certains personnages vont si loin qu'ils veulent arracher le sceptre à l'Empereur, et chacun peut comprendre le péril dont ils menacent la patrie. Mais les bons et fidèles sujets de Sa Majesté Impériale ne doivent en quoi que ce soit se mêler des affaires de France. La ligue catholique ne doit rapprocher que des princes pacifiques; elle espère voir des membres protestants se joindre à elle dès le début; avant toute chose elle sollicitera l'approbation de l'Empereur. » Plus net encore dans ses affirmations, liodolpiie dédara que la ligue se bornerait à défendre les Catholiques, et surtout (pi 'elle se tiendrait éloignée de toute relation avec l'étranger. Chef de l'Empire, son devoir, disait-il, était d'établir la bonne intelligence entre tous les partis, et, dès longtemps, il avait juré à plusieurs Électeurs de n'entrer dans aucune ligue particulière sans leur assentiment \

La ligue catholique, qui eut été si nécessaire à la défense et à la protection des membres de l'ancienne religion, ne s'organisa point, bien que presque tous les princes catholiques s'attendissent à bref délai aux attaques du parti révolutionnaire protestant.

Parmi les princes luthériens zélés, plusieurs, comprenant que les intrigues calvinistes pourraient bien les viser quelque jour, firent tout pour empêcher l'Union de se former; les ducs Henri-Jules de Brunswick et Louis de Wurtemberg furent de ce nombre 2. L'Electeur Jean-Georges de Brandebourg fil écrire, le 29 août lo91, à l'Empereur, « que dans l'inquiétude où il était des événements extraordinaires et menaçants qui pouvaient se produire à l'intérieur et à l'extérieur, et lorsque l'Empire était tellement diminué qu'il semblait tout proche de sa ruine, lui, le plus ancien des Électeurs, ne pouvait se défendre d'un sentiment d'amère tristesse, en constatant que ses fils, en entrant dans la vie, verraient l'Allemagne dans un état plus déplorable encore que celui oîi lui-même l'avait trouvée et l'avait aidée à se maintenir ». « Il ne parvenait pas à se persuader,

1 SïiiiVK, Die Politik Bayerns, t. I, pp. 22-26.

- Ritter, Briefe und Acten, t. I, p. 47. Mufi-'at, pp. 13 cl suiv.

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ajoutait-il, que la France, comme l'affirmaient Jean-Casimir, Guillaume doIl(3sse etKrell.fût le rempart et le plus ferme soutien de la liberté germanique et de la liberté de conscience i. »

< Les princes chrétiens de la Confession d'Augsbourg vivent dans l'anxiété à cause des complots forgés par les Calvinistes, » écrivait le conseiller de Weimar Joachim Reinhold, le 9 décembre 1591, « car ils sont témoins malgré eux de linjustice et de la cruauté avec lesquelles les simples et bons chrétiens de la vraie foi sont persécutés en Saxe par le chancelier Krell, à l'instigation de Satan 2. »

' DuovsE.N, 2'', pp. 3oö-o.")7.

- * Au docteur Oharlcs HuiuUiausea, à l'rancfurl-sur-le-iMein.

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