CHAPITRE IX
LES TURCS ALLIÉS DES PUISSANCES CHRÉllEiNNES CONTRE LA MAISON DE HABSBOURC. Ni:i;OCIATIÛNS RELItilEUSES A RATISlîONNE. lo94.
La totale impossibilité où se trouvait l'Empereur d'intervenir heureusement dans la politique intérieure venait d'être mise dans tout son jour par la guerre de Cologne et l'affaire de Strasbourg. Cette triste impuissance était en grande partie causée par les agressions continuelles des Turcs.
Les pontifes romains, Grégoire XIII et Sixte-Quint, s'étaient vainement efforcés de décider les princes de la Chrétienté à une sorte de croisade contre « l'ennemi héréditaire du nom chrétien ». « La discorde qui règne entre les états chrétiens, » écrivait en 1585 Gianfrancesco Marosini, ambassadeur vénitien accrédité à Gonstantinople, « est incontestablement la raison principale de la puissance turque, car sans cette fatale désunion le sultan serait hors d'état de soutenir la lutte contre les forces unies de tous les princes chrétiens. Les Turcs haïssent mortellement le Pape. Ils tremblent qu'il ne parvienne à liguer contre eux les puissances chrétiennes i, » SixteQuint avait espéré voir du moins s'unir lesforcesdu nord-ouest et du sud-ouest contre « lEnnemi héréditaire w ; il rêvait la conquête de l'Egypte, la mer Rouge rejointe à la Méditerranée, le rétablissement de l'ancien commerce universel, la libération du Saint-Sépulcre-; mais comment réaliser tous ces plans tant que les princes chrétiens les plus en état de les l'aire réussir resteraient les plus fermes appuis de l'Ennemi héréditaire? Venise, l'Angleterre et la France agissaient dans un sens tout opposé à ce qu'il eût désiré-
' ... « pùi d'ogni altro c odiato il ponlificc, sebbene délie suc proprie forze non ne fanno alcuna stima, ma credendo ch'egli possa esser instrumento per unire p;li altri principi délia Christianita, gli portano odio mortale ».Albèri, ser.3, vol. 3 pp. 299, .SÛO, 307. Sur le Pape, médiateur de la paix entre les puissances chrétiennes, voy. aussi la citation de Matteo Za>e (1594), p. 440 **. Sur les efforts de Grée;oire VIII pour organiser la croisade, voy. v. Bezold, Budolf II und die, heilige Liga, pp. 362 et .«uiv., et Schwarz, Zehn Gutachten, VII et suiv.
2 ri.v^KE, Päpste, t. II, pp. 190-197.