L EMPEREUR TRIBUTAIRE DU SULTAN
Elisabeth cherchait à convaincre le sultan que les Anglais, adversaires déclarés de l'idolâtrie papiste, se sentaient plus de sympathie pour la foi mahométane que pour celle de l'Empereur. « Pour être véritablement mahométans, )> disait un jour un pacha au délégué impérial Petz, « il ne manque aux Anglais que le courage de confesser hautement notre foi ^. » D'autre part, Henri iY faisait au sultan les plus chaudes protestations d'amitié, et recevait en échange d'Araurat la promesse qu'il soutiendrait de tout son pouvoir « l'ennemi déclaré de l'idolâtrie - ». «Mon maître se félicite, » écrivait le grand vizir en 1599, «^de voir élevé sur letrône de France un prince ennemi de l'Espagne et du Pape ■''. »Henri écrivait au sultan le 4 avril lo92 : « C'est la France seule qui a empêché jusqu'ici l'exécution des plans que Philippe II, et avant lui Charles-Quint. ont toujours formés pour le renversement de la puissance que Dieu a donnée à Votre Grandeur. Je ne me suis attiré la haine et le ressentiment du roi d'Espagne, qui prétend maintenant à la couronne deFrance, que poura voir refusé de m'unir à lui contre la Turquie '*. » Grâce au zèle d Elisabeth, deux cents galères avaient été construites dans les chantiers ottomans pour préparer une expédition navale contre l'Espagne ^. « Les ambassadeurs d'Angleterre et de France, » rapporte le vénitien Matteo Zane, « sont en perpétuelles conférences avec le grand vizir touchant l'emploi des forces turques contre l'Espagne. Ils lui communiquent dans les [»lus petits détails toutes les nouvelles qu'ils reçoivent de la Chrétienté; ils obtiennent aussi toutes sortes d'informations par les Juifs, qui ont partout leurs agents secrets et leurs émissaires '"' ».
L'Empereur était tributaire des Turcs. Rien que pour le maintien de l'armistice, il était obligé, comme son père l'avait été avant lui, de fournir annuellement au sultan 138.000 florins, sans compter « beaucoup de riches ouvrages en argent et horlogerie, qui lui étaient chaque année envoyés en présent " ». Malgré de si grands sacrifices, les Turcs envahissaient tous les ans les pays héréditaires. Le trésor de Rodolphe et les ressources de ses sujets étaient presque totalement épuisés. L'Empereur n'était soutenu que par Rome et Madrid, qui lui envoyaient assez régulièrement des secours. Phi-
' Voy. Hammer, Gesch. des osmanisches Reiches, t. IV, p. 208. Hlrteu, t. III^ p. 104.
- Berger de Xivrey, t. II, p. 3(Jt, noies. Sans date. 3 Hübner, t. II, pp. 339-340.
* Berger de Xivrey, t. III, p. 608.
* Hübner, t. II, p. 341.
*■' Albèri, ser. III, vol. 3, p. 43G.
'• Hlrter, t. III, p. 92.
126 l'A (iUKRRK TURQUE. Ioil3-1504.
lippe II donnait aiuuicUement 100.000 ducats, plusieurs fois, il lui arriva d'en donner le doubla ou le triple ^. Les membres d'Empire, en 1582, avaient, à la vérité, voté une somme très considérable pour la défense de la frontière hongroise, mais l'argent était si mal rentré que, dix ans après, l'arriéré montait encore à plus de 800.000 llorins. « Je ne sais plus quel moyen employer, » écrivait le trésorier impérial, Zacliarie Geizkoller, le 13juin 1592, à l'archiduc Ernest; « les retardataires n'ont cure ni des procès intentés par le lise, ni des remontrances ou des menaces de la justice-. »
Inlluencé par sou grand vizir Sinan. ennemi juré des chrétiens, le sultan Amurat avait déclaré la guerre à l'Empereur le 13 août 1593. Tandis que Sinan faisait de grands préparatifs militaires, les pachas continuaient leurs agressions en Hongrie; les Turcs espéraient pénétrer prochainement en Allemagne et en Italie, et se flattaient de conquérir en peu de jours la Bohême ^. A Vienne, on vivait dans une indicible angoisse, s'attendant à voir avant peu l'Ennemi héréditaire aux portes de la ville. Déjà l'ambassadeur du duc Guillaume lui avait demandé la permission d'envoyer sa femme et ses enfants en Bavière dans le cas où la ville serait assiégée ^ A la frontière, les fortilicalions étaient en mauvais état On manquait de soldats, de munitions, de vivres, mais surtout d'argent. Clément VIII promit 20.000 couronnes par mois, et s'etîorç-a d'organiser, mais sans plus de succès que ses devanciers, la ligue générale des princes chrétiens s. Le 19 mars 1594, il chargea son légat iladruzzi de faire au^ès des membres d'Empire catholiques les plus vives instances pour qu'à la Diète de llatisbonne, lorsque la question Turque serait posée, ils soutinssent de tout leur pouvoir la politique de l'Empereur. Pour repousser l'invasion turque, il devenait urgent, disait-il, de mettre en commun toutes les forces de l'Europe, car, sans cela, c'en était fait de l'Allemagne '^.
* Voy. les lettres de Jean Vest, flscal et coaseiller d'Empire à Francfort, et une dépêche de Rodolphe à lui adressée en date du 23 octobre 1588. Frankfurter Kaiserschreiben, t. XV', fol. 1B2-167. « Les Turcs se vantent, » écrivait le vénitieu. Laurenzo Bernardo en 1392, « que l'Empereur des Chrétiens leur est tributaire, et lui compte tous les ans 45.000 thalers, « et altre tantli in ar^^euli appresententi a sua maestà, elle quasi in trionfo fanno entrare nella città ». Ils font peu de cas de l'Empereur, parce (pi'il ne possède que peu de forces militaires, etparce que l'Empire est divisé au sujet de la reliü^ion ». ALBi;m, ser. III, t. II, pp. 332, 383, Yoy. Harter, t. III, pp. lUo, 107, 108.
* HURTER, t. III, p. 92.
3 R-VNKE, Fürsten und Völker Südeneuropa' s, t. I, p. 83.
* Stleve, Ursprung, Oaellenbericht, p. 27.
'" HuRTER, t. III, pp. 107-108. Stuîve, Die Politik Bayerns, t. I, p. 167, note 4. Ranke, Päpste, p. 302. En l'espace de peu d'années, Cléiucnt dépensa pour la guerre turque im million et demi d'écus.
'^Die Politik Bayerns, t. I, p. 198. note 2.
POLITIQUI«: PALATINE. 1594. 127
Rodolphe avait hésité longtemps à convoquer la Diète, car il craignait qu'elle ne lui gararitît aucun secours et qu'elle servît de prétexte à de dangereuses manifestations. Mais, pressé par l'imminence du péril, il se décida à inviter les Électeurs et les membres d'Empire à se réunir à Ratisbonnc. La Diète avait été d'abord lixée au 17 avril, puis au 1" mai lo94. La Saxe et le Brandebourg répon* dirent avec un joyeux empressement à l'appel de Rodolphe. A Dresde, l'administrateur Frédéric-Guillaume déclara, comme le Pape, qu'il fallait à tout prix opposer aux Turcs toutes les forces dont il serait possible de disposer. Dans le cas où l'Électeur calviniste FrédéricIV, qui venait de succéder à son père Jean-Casimir, voudrait « se singulariser », ce à quoi pourrait bien le porter son mariage avec la lille de Guillaume d Orange, le prince était d'avis de ne pas beaucoup « s'en inquiéter », et de ne pas « exagérer la portée de son abstention * ». Jean-Georges, Électeur du Brandebourg, était très disposé à se montrer généreux; mais, ainsi ({u'il le confia l'ambassadeur de Rodolphe, il lui était impossible de venir en personne à Ralisbonne, car il craignait que les Tatares, traversant la Pologne, n'envahissent ses états en son absence. Lui aussi réprouvait sincèrement la politique palatine -.
Cette politique avait pour constant objet, alors connu sous les précédents Électeurs calvinistes, d'ex|)loiter au profit des ambitions palatines tous les embarras et périls extérieurs et intérieurs de l'Empire. Frédéric ayant convoqué les États à Heilbronn, le 26 mars l.")94r, les membres de cette assemblée décidèrent qu'on ne ferait rien pour aider l'Empereur avant que les « griefs» des Prolestants n'eussent été redressés, et que^ surtout, la Réserve ecclésiastique n'eût été abolie. Ce n'était pas pour délivrer l'Empire de l'invasion turque, c'était pour soutenir Henri IV qu'il fallait trouver 400.000, s'il se pouvait 600.000 llorins, car, en échange de ce service, Henri, promettait de contraindrelecardinal de Lorraine à renoncer à l'évêché de Strasbourg en faveur du margrave Jean-Georges ^. L'ami et le confident du roi de France, Dupicssis-Mornay, avait depuis longtemps compris les grands avantages que la France avait retirés de ses précédentes alliances avec les princes d'Allemagne. « C'est grâce à ces alliances, » écrivait-il, « que les princes ont conquis leur indépendance, et nous y avons gagné la plus importante clef de la frontière. S'il plaît à Dieu, nous porterons l'incendie en Allemagne,
' Stjeve, Die Polilik Bayerns, 1. 1, p. 200, note. - Stieve, t. I, p. l'J'J.
^ Recez d'Heilbroaa, 16 mars 1494, dans les Archiviuin Unito-Protestantium App. i, 'J.Voy. V. AiuiTiN, Muœiinilian, pp. 432-433.
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et nous saurons profiter habilement de ses désastres quand Dieu l'ordonnera*.)) L'ami)assadeur français Bongars, en présence du({uel les résolutions d'Heilbronn avaient été prises, n'avait pas une 1res haute idée du caractère des princes protestants. « Je les nomme évanj,^éliqucs, )) écrivait-il à un ami, « et malgré cela^ ayant appris à les bien connaître, j'avoue ne trouver en eux rien d'évangélique. hormis le nom -, ))
Parmi les Catholiques, beaucoup, peu d'années auparavant, s'étaient bercés des plus confiantes espérances. Metternich, entre autres ^. Maintenant ceux-là mêmes qui avaient le plus espéré commençaienl à voir l'avenir sous de sombres couleurs. Metternich écrivait le 24 avril 159i au duc Guillaume de Bavière : « Des gens dignes de loi nous affirment que les Catholiques, à la Diète, feront bien de prendre leurs précautions, car il paraît qu'à Heilbronn les Protestants ont résolu de nous faire une guerre acharnée. Malheureusement, les prêtres sont ainsi faits que nous avons à attendre d'eux plus de pusillanimité que de zèle. Si donc Votre Altesse n'agit pas avec vigueur dans le péril qui nous menace, les choses pourraient prendre une fâcheuse tournure pour nous. Les Calvinistes ne nous laisseront point de répit ; ils brûlent de répandre le sang allemand, et certainement, ils ne chômeront pas ^. )) Le théologien luthérien Georges Mylius allait jusqu'à accuser les membres d'Empire favorables au Calvinisme d'être en secret d'intelligence avec les Turcs. « Lorsque, dans nos assemblées, on discute sur les mesures à prendre pour refouler l'ennemi héréditaire, )) disait-il, « les Calvinistes sont toujours là pour les contredire. Ils ont l'impudeur de soutenir contre tout l'Empire que la guerre n'est ni juste ni motivée ^. »
La Diète s'ouvrit le 2 juin 1594.
A la réunion préliminaire des princes protestants, l'Électeur palatin déclara que tous les griefs exposés dans le mémoire remis
' « ... Eulx, leur liberté, nous les principales clefs de la frontière. >- « Nous laissons tousjours la çuerre contre l'Espaignol ouverte, comme ung cautère, pour vuider nos mauvaises humeurs. Nous fomenterons les révoltes d'Aragon, et aultres nos amis, ou plustot ses envieulx en Italie, qui souspirent vers nous. » Duplessis-MoiuNAY, t. IV, p. 204; t. V, p 214; t. V, pp. ^29, 201.
* Bo.\GARS,t. II, p. 413. Lettre à Camerarius. Octobre 1395. 3 Voy. plus haut, p. 97.
* Stieve, t. I, p. 180, note 3.
* Predigten von den Türken, p. 38b.
DIÈTE DE RATJSBONNE. lo94.
précédemment à l'Empereur devaient être redressés avant qu'il ne pût être question d'aucune, contribution et que, dans le cas où l'on n'aurait pointégard à leurs réclamations, lui et ses adhérents se verraient contraints degarder et d'employer leur argent pour leur propre défense. 11 réclamait pour les Protestants le droit aux évêchés et la suppression « des serments impies, des lois arbitraires, des ordinations et vœux qu'en bonne conscience les princes ne pouvaient plus tolérer ». L'excommunication par laquelle le Pape prétendait exclure les Évanjréliques des évêchés devait être abolie, car le Pape n'était pas le chef de l'Eglise, mais bien la prostituée de Babylone, l'enfant de perdition, qui s'était élevé au-dessus de tout ce qui était Dieu ou culte de Dieu, et se faisait l'égal de la divmité. » Le libre exercice de la religion devait être garanti aux Évangéliques établis chez les Papistes, et la Chambre Impériale devait être réformée. Deux nouvelles cours de justice, investies de nouveaux pouvoirs, devaient être établies. Tune dans les pays rhénans, l'autre en Saxe, ou dans le Brunswick '.
Mais les princes strictement luthériens, Tadmiiiistrateur de Saxe, les ducs de Neubourg, de Wurtemberg, de Mecklenbourg et de Holstein, ne voulurent avoir rien de commun avec les Calvinistes. D'ailleurs, ils n'étaient point d'avis que la Réserve ecclésiastique fût de nouveau discutée, et se refusaient à faire dépendre l'impôt turc du redressement des griefs exposés. « L'Empire, » dit l'administrateur, « doit défendre coûte que coûte la Hongrie et l'Empereur, et les affaires intérieures ne doivent pas nous détourner de notre premier devoir, qui est de repousser les Infidèles 2. » Néanmoins la majorité protestante vota avec le Palatinat. L'adresse, modifiée à plusieurs endroits, amplifiée à d'autres, fut remise à l'Empereur le 26 juin *.
Rodolphe chargea les membres catholiques d'y répondre. Ceuxci, de leur côté, préparèrent un réquisitoire rempli de reproches amers contre les Calvinistes. « Ce qui trouble la paix et cause la division parmi nous, » disaient-ils, « vient uniquement de ce qu'à côté des deux confessions autorisées par le traité de paix d'Augsbourg, des sectes nouvelles sont tolérées, et surtout la secte calviniste, qui prend une extension tous les jours plus grande dans l'Empire. Si l'antique foi catholique et la Confession d'Augsbourg
' Le déléçué de Francfort reçut une co[)ie du projet par l'eatremise du docteur André Cliristiani, syndic des comtes de Vettcravie. Reiclista(jsacten, t. LXXXII, fol. 1,7.
^ Ritter, Briefe und Acten, t. I, pp. 03 et suiv.
=< Voy. Leum.vnm, pp. 218-224. Voy. HäBEKLiN, t. XVIII, pp. 474-499.
130 niÉTE DE UATISBO-N.NE. 159i.
avaient seules été autorisées, comme cela avait été convenu, il eût clé possible de vivre en paix, car un grand nombre de Confcssionistes l'ont preuve de sentiments pacifiques et modérés, et nous vivrions lacilement avec eux en bonne intelligence et confiance. Dès 10^)7, les Confessionistes ont exprimé le désir que les archevêchés et évêchcs d'Empire ne fussent pas sécularisés, et que les Catholiques fussent laissés libres délire leurs évoques, leurs administrateurs spirituels, libres aussi de garder 'leurs dignités, leurs statuts, leurs privilèges et leurs revenus. Ces vœux, ils les ont exprimés de nouveau en 1576. Mais malheureusement, par la faute des sectes calvinistes, la vraie Confession d'Augsbourg, tout en n'étant ni obscurcie ni annulée, est en beaucoup de pays mêlée à de nouveaux ferments de discorde, de sorte que la paix de religion n'est plus respectée, ni selon la lettre^ ni [selon l'esprit, et qu'on n'a plus qu'une seule chose en vue : l'entière destruction de la religion calholique. Comme chacun le sait, l'ancienne foi est persécutée de la manière la plus odieuse ; on opprime le clergé et les laïques, on contisque les biens ecclésiastiques, on supprime les traitements des prêtres, on foule aux pieds les droits des Catholiques; et, contrairement aux droits de tous les peuples, môme des peuples payens, ni les églises, ni les couvents^ ni les personnes ecclésiastiques ne sont plus en sécurité. Les continuelles disputes qui résultent de ces faits trop évidents sont encore aigries par les injures violentes que nos adversaires nous adressent du haut de la chaire. On ne permet aux Catholiques de se défendre ni par écrit ni verbalement, de sorte qu'il leur est impossible de se disculper des accusations dont on les accable. Bien plus, ils doivent tolérer que les prédicants, dans leurs livres ou dans leurs prêches, et cela ici môme, pendant la Diète, appellent le Pape Antéchrist et suppôt du diable; que tous les Catholiques soient traités d'idolâtres dignes de l'enfer, et que leurs gouvernants eux-mêmes ne soient pas épargnés. Individuellement, ils consentiraient à souffrir; mais ils ne peuvent admettre que leurs adversaires, qui ne souffrent pas qu'on touche à leurs chefs, à leurs princes, injurient de la sorte le Pape, que l'Empereur et les membres d'Empire catholiques vénèrent comme leur pontife et docteur souverain. Les Catholiques conjurent donc l'Empereur de veiller à ce que les deux religions seules autorisées par la paix d'Augsbourg soient mises sur un pied d'égalité, et qu'aucune doctrine d'erreur ne se glisse à l'avenir en Allemagne sous le manteau de la paix, ne sème les inimitiés, la discorde, ne rende la scission plus profonde et ne tranche enfin les derniers liens qui unissent encore tous les Allemands,
DIÈTE DE RATlSBONiNE. 1594. 131
ce qui serait la ruine certaine et définitive du Saint-Empire » *. Quatre-vingt-dix mois romains furent votés pour la campagne turque. Pour le complet recouvrement des sommes consenties, le mois de janvier IGOl fut fixé comme dernier terme. Mais parmi les membres d'Empire, ceux qui, le i26 juin, avaient remisa l'Empereur la liste de leurs griefs protestèrent, le 13 août, contre le recez, invoquant la « nécessité absolue » où ils se trouvaient d'agir de la sorte, l'Empereur n'ayant pas encore fait droit à leurs réclamalions -,
' Voy. WoLF, Maximilian, t. I, pp. 155-1^0. Stieve, Die Polili/c Bayerns, 1. 1, pp. 4.Ö2-467.
■ Frankfarler Reichs la f/saclen, t. LXXXIII, fol. 206-215.