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LA QUERELLE DES QUATRE COUVENTS

chorn. Christgarten avait été confisqué par le comte d'CEttingen, la Madeleine paria municipalité de Strasbourg, la Chartreuse d'Hirschorn par les chevaliers d'Empire de la ville. Dans les trois cas, la Chambre Impériale avait décidé en faveur des Catholiques;, et la partie condamnée avait demandé la révision.

Or dans la commission chargée par la Chambre Impériale de prononcer les sentences, les assesseurs protestants étaient en majorité. Dans l'affaire d'OEttingen, quatre protestants et deux catholiques seulement avaient siégé, et Protestants et Catholiques avaient été unanimes à reconnaître que le traité de Passau et la paix de religion interdisaient aux princes-souverains de protcstantiser les abbayes de leurs territoires qui alors n'étaient pas encore entre leurs mains, et de confisquer leurs biens *.

Les Palatins avaient déclaré le jugement « arbitraire, barbare, impie, et calculé pour ruiner le nouvel Évangile; » puis ils avaient réfléchi sur ce qu'ils avaient à faire : Ou bien il fallait se soumettre, au grand préjudice de la religion nouvelle, ou bien opposer la force au droit, et s'exposer à exciter les passions religieuses, et peut-être à provoquer la guerre civile. Interpréter la paix de religion dans le sens de la Chambre Impériale, c'était imposer à l'Électeur palatin une perte que des millions de florins ne parviendraient pas à combler. D'ailleurs il ne s'agissait pas seulement des abbayes déjà confisquées, mais encore « de toutes les propriétés qui pourraient, à l'avenir, tomber entre les mains des Protestants ^ ».

Aux États de Francfort (lo99), les membres protestants avaient conseillé au comte d'OEttingen de persister à réclamer la révision, mais en exigeant que les juges fussent choisis à nombre égal dans les deux religions. Le comte avait suivi ce conseil, et les trois autres princes inculpés avaient, comme lui, demandé qu'une commission mixte fût nommée pour examiner à nouveau les procès. Mais peu de temps après, tous eurent peur qu'après l'examen approfondi de la question les juges luthériens eux-mêmes, surtout les délégués de Saxe, de Poméranie et de Nuremberg, n'en vinssent aux mêmes conclusions que les assesseurs protestants de la Chambre Impériale. Ils changèrent donc de tactique : les conseillers de Frédéric déclarèrent que les quatre causes étaient du domaine religieux, qu'elles ne pouvaient être jugées par la Chambre Impériale, qu'ils refusaient la revision et en appelaient à la Diète. Si, à Spire, l'assemblée refusait de juger les procès, les princes protestants

1 Ritter, Geschichte der Union, pp. J83, 19.5.

2 RiTTKii, Geschichte der Union, t. I, p. 197. Ritteh, Briefe und Aden, t. I, pp. 230, 240, II" 145.

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rappelleraient leurs délégués, en leur expliquant que le droit de réformer les abbayes était inséparable du droit de les confisquer, et l'affaire en reslcrait là. Frédéric, à l'occasion des fêtes données pour un baptême àGassel,essaya de décider le landgrave Maurice et l'administrateur de Saxo à adopter cette ligne de conduite. Mais il ne put triompher delà résistance de ces princes, qu'effrayait la pensée VI de voir s'ébranler le dernier fondement de l'antique confédération germanique et qui persistaient à réclamer une commission mixte*. La plupart des conseillers palatins insistaient pour refuser la révision, disant qu'avec des réviseurs mixtes, que les papistes, pour ne pas perdre leur unique chance do succès, ne manqueraient pas d'accorder, on n'arriveraità rien, et qu'userait môme possible que les réviseurs protestants confirmassent les arrêts de la Chambre Impériale; déjà, plusieurs réviseurs évangéliques, qu'on avait crus jusque-là bien intentionnés, avaient déclaré, que leur conscience ne leur permettait pas de voter autrement que ne l'avaient fait les juges de la Haute-Cour. Aussi les conseillers palatins recommandaient-ils à l'Électeur de ne pas se rapprocher de la Saxe et de la Hesse, mais de persister dans son premier dessein, et de refuser la révision 2.

Parmi les magistrats protestants qui, dans cette querelle, avaient reconnu le bon droit des Catholiques, le conseiller électoral Léonard Schug se montra surtout impartial et équitable. Ce juriste soutenait avec zèle,depuisde longues années, la politique palatine; mais ayant été appeléà siéger à Spire parmi les réviseurs, il avait examiné toute l'affaire avec une scrupuleuse attention et il avait acquis la conviction que le droitdeconlisquerles biens ecclésiastiquesn'avait jamais été reconnu aux Protestants par le traité d'Augsbourg, et que ceux de son parti avaient tort. Il écrivait à Frédéric en novembre 1600 : « Le sens clair, indubitable du traité de paix solennellement juré et signé par l'Empereur, les rois ettouslesmembresd'Empire réunis, oblige rigoureusement tout assesseur consciencieux à déclarer, contre les Evangéliques, que les juges de Spire ont eu raison. Tout en étant zélés pour la religion, ceux-ci ne peuvent en conscience, et malgré tout leur attachement pour leur foi, juger autrement qu'ils ne l'ont fait. La paix de religion, dans ce paragraphe comme dans lesautres, n'a pas fait davantage pour nous, et je remarque qu'en looo la Saxe et le Brandebourg, si zélés pour l'Évangile, n'ont pu l'interpréter différemment. Le plan des membres d'Empire protestants de nier la compétence de la Chambre Impériale dans les affaires religieuses et de charger la Diète de décider en dernier ressort, n'est, selon moi,

* Bitter, Geschichte der Union, t. I, pp. 200, 201. ä Archiüium Unito Protestantiain. App. 77, 81.

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