‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 101 sur 315 · POSITION DESESPERKE OES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

POSITION DESESPERKE OES CATHOLIQUES

être inquiétés, la permission de célébrer leur culte dans une église de la ville et l'autorisation d'y installer des prédicants. « Tant d'exigences semble vraiment étrange, » disaient les Catholiques, <c de la part de ces princes qui, personne ne l'ignore, n'ont d'autre désir que d'extirper jusqu'au dernier vestige de Catholicisme dans leurs domaines et prétendent trouver dans la Confession d'Augsbourg la justification de leurs actes! Mais Sa Grâce l'Electeur de Trêves, qui a tout aussi bien qu'eux le droit de décider sur la religion de ses sujets, leur a répondu comme il convient. » Fort heureusement pour l'Electeur, les ambassadeurs des princes luthériens acquirent la certitude que, dans cette affaire, le Calvinisme était en jeu; or ils ne voulaient rien avoir à démêler avec lui. Ils furent obligés d'avouer que les accusés, sous prétexte de défendre la Confession d'Augsbourg, avaient conspiré contre la paix civile et religieuse, qu'ils avaient exercé dans le pays la haute et basse justice, et installé dans les paroisses des prédicants calvinistes 4. » La paix fut rétablie.

Les prédicants et les autres prisonniers furent exilés par ordre de l'Electeur et du Conseil, ainsi que tous les « Confessionistes» qui refusèrent de rentrer dans l'ancienne religion. En tout, il y eut trente-cinq personnes atteintes.

Mais bien que l'orage fût pour le moment conjuré, l'Electeur, qui ne pouvait espérer aucun secours de ses collègues catholiques, vivait dans des transes continuelles. Au dedans, il craignait l'émeute, au dehors l'intervention des princes luthériens ses voisins. « Les Protestants, » disait-il en mai 1561 au nonce Commendone, « ne se contentent pas de la paix d'Augsbourg; bien qu'elle ait été conclue au grand préjudice des Catholiques, ils n'en respectent pas les articles, et cependant ils contraignent les Catholiques à les observer, cherchant tous les jours à les interpréter à leur profit. » L'Électeur n'osait quitter son archevêché de peur d'exposer sa religion et ses états à un danger certain, auquel il serait impossible de remédier -.

Commendone, qui parcourait alors l'Allemagne chargé d'une mission du Saint-Père, a laissé des notes intéressantes sur la situation sans espoir qui faisait redouter à tous les Catholiques la ruine complète et prochaine de leur religion.

« Le nombre des hérétiques, » écrit-il, « croît de jour en jour; non seulement ils sont en majorité parmi les princes laïques, mais dans les pays catholiques régis par des princes ou des évéques,

1 Marjc, Olevian, pp. 63-65.

1 Voy. Reima.nn, Ssndung des Nuntius Commendone, p. 263.

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