LES PRINCES PROTESTANTS INVITÉS AU CONCILE
seule raison ne put se conclure, et ce fut en pure perte que les membres d'Empire, dans le recez de ia conférence, remirent un décret de censure soumettant tout le spirituel au symbole de 1555. « Ni en secret ni publiquement, » disait ce décret, « aucun livre ne s'imprimera avant d'avoir été examiné par les censeurs que les princes vont partout établir , et qui seront chargés d'examiner si, non seulement dans la substance mais aussi dans la forme, il est de tout point d'accord avec la Confession. Aucun libelle attentant à la paix de l'Église ne sera plus toléré à l'avenir. »
Et néanmoins « les dissensions, les pamphlets, les scènes de violence dans les églises devinrent plus fréquents que jamais à dater de ce moment ». Le protestant Frédéric Sailer écrivait : « Hélas, la confusion des langues se renouvelle au milieu de nous. On se croirait à Babel, on entend résonner de tous côtés la trompette de la calomnie !. »
Tandis qu'à Naumbourg les princes ne parvenaient point à s'entendre sur le symbole de leur foi, les nonces Delfmo et Commendone, accompagnés des ambassadeurs impériaux, vinrent les inviter à prendre part au Concile.
Avant l'ouverture de la conférence, il ne semble pas que Christophe de Wurtemberg ait eu l'intention de décliner cette invitation. Pendant la seconde session du Concile, en 4552, il avait envoyé à Trente une Confession de foi dressée par Jean Brenz, annonçant que ses théologiens viendraient prochainement en présenter la défense; c'était peu de temps avant que Maurice de Saxe n'eût contraint les Pères à se disperser. Lorsqu'en 1560 la question du Concile fut reprise, le duc, à Hilsbach, avait dit à l'Électeur palatin et à Jean- Frédéric : « Comment les membres de la Confession d'Augsbourg oseront-ils affirmer devant le Concile qu'ils ne font qu'un seul coeur, tandis qu'en réalité ils sont divisés en tant de fractions? Depuis 1530, nous n'avons cessé, à chaque Dièto, d'en appeler à un Concile libre et chrétien devant lequel nous pourrions exposer et défendre notre foi; mais il faudrait auparavant nous mettre d'accord, sans cela nous subirons un lamentable échec2.» On s'était flatté de s'uoir au moyon de la conférence, mais cet espoir ayant été déçu, il était
1 AnNOLD, ». II, p. 7.
» Kugler, t. II, pp. 190-193.