‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 108 sur 315 · LES PRINCES PROTESTANTS INVITÉS AU CONCILE · texte numérisé non relu

LES PRINCES PROTESTANTS INVITÉS AU CONCILE

facile de prévoir que, rien que pour cette raison, les membres d'Empire protestants n'enverraient point lours délégués au Concile.

« Les nonces reçoivent ici un singulier accueil, » écrivait Tun des ambassadeurs impériaux à Ferdinand, « on les traite avec peu de respect ; ils sont hués par la canaille *. » r

Le 31 janvier, les commissaires de l'Empereur délivrèrent aux membres de l'assemblée le message de leur maître dont voici la substance : « Les perpétuelles dissensions religieuses, les tristes méfiances qui en résultent ont été fatales à l'Empire : le Turc est plus insolent que jamais et menace de nouveau d'envahir la Chrétienté par terre et par mer. La Livonie est traitée avec la dernièro barbarie par les Moscovites, ce qui jette l'alarme dans les pays voisins. Si les membres du Saint-Empire ne s'uuissent pour la défense, nos terribles voisins se croiront le droit de nous envahir; ils attaqueront l'Empire, et chacun prendra sans scrupule la part qui lui conviendra davantage. A l'intérieur, la paix, la justice, l'ordre public sont troublés; toute crainte de Dieu, toute discipline chrétienne semblent éteintes; le peuple, presque partout, a des moeurs si grossières, si impies, si farouches que, chez les infidèles euxmêmes, on ne saurait rien voir de pire. Outre cela, l'accroissement quotidien des sectes pernicieuses est un fait notoire. Les unes nient la divinitédu Christ ; les autres, son humanité sainte; d'autres encore, le mystère de la Sainte- Trinité. L'Évangile est méprisé ; on s'efforce d'introduire en Allemagne la loi des Juifs ou celle des Turcs. Le moyen le plus régulier, le plus légitime, le plus sûr de mettre un terme à des querelles infinies et d'opérer la réforme des abus qui se sont introduits dans toutes les classes do la société, c'est le Concile; aussi l'Empereur s'est-il donné toutesles peines possibles pou rie faire aboutir et pour décider le monde chrétien tout entier à y prendre part. L'évèché et la ville do Trêves sont alliés de l'Empire, dévoués à l'Empereur, par conséquent on peut garantir la parfaite sécurité des membres du Saint-Empire. Les Protestants peuvent être sûrs qu'on leur montrera tous les égards imaginables. Le Pape a donné l'assurance à l'Empereur que toutes les questions y seraient traitées avec la plus grande bénignité et modération 2. Sa Majesté s'engage à respecter la paix de religion ; elle ne sait rien qui la puisse menacer si tous ceux qui sont intéressés à son maintien, le chef aussi bien que les membres, sont résolus à la défendre. Comme elle est décidée à leur prêter, à eux et aux leurs, son paternel appui, elle a la confiance qu'ils réfléchiront mûrement à ce qu'ils ont à faire,

1 Duciioltz, t. VIII, p. 393, note.

» Calimch, Fürstenlag, pp. 190-192.

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