‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 109 sur 315 · H8 I.KS PÏUNCES PROTESTANTS SONT INVITAS AU CONCILE · texte numérisé non relu

H8 I.KS PÏUNCES PROTESTANTS SONT INVITAS AU CONCILE

et choisiront le parti le plus avantageux au bien public l. »

A cette déclaration, les princes répondirent que le Pape, en convoquant le synode, n'avait pas eu égard aux conditions qu'ils avaient posées 2 et que, dans la forme où il le prescrivait, il était impossible que le Concile remédiât à la scission doctrinale, non plus qu'aux abus dont gémissait l'Église.

Les nonces ayant à grand'peine obtenu audience remirent à chacun des princes les brefs du Pape ainsi que la bulle de convocation. Delfïno promit, au nom du Saint Père, que non seulement le Concile entendrait las Protestants sur les questions débattues, mais qu'il donnerait pleine satisfaction à toute réclamation raisonnable et légitime. 11 dit que, puisqu'au sujet de la religion il y avait presque autant d'opinions que de têtes, autant d'évangiles que de docteurs, le devoir des princes était d'envoyer leurs délégués à Trente pour le rétablissement de l'unité, qu'ils y seraient reçus avec tous les égards possibles et entendus selon les formes. Commendone répéta que jamais moment plus opportun ne s'était offert pour travailler à la pacification de l'Eglise ; que la paix venait d'être conclue entre la France et l'Espagne; que le Pape avait à cœur plus que personne la suppression de tous les abus ; qu'il était résolu à rétablir la discipline ecclésiastique, et qu'il invitait les Protestants à réfléchir au parti qu'ils allaient prendre, car il s'agissait des intérêts et du salut des âmes, et si les fondements de la religion venaient à s'ébranler, les Empires ne tarderaient pas à disparaître 3.

A peine les nonces étaient-ils revenus dans leur hôtellerie que les princes leur renvoyèrent les brefs cachetés qui leur avaient été remis, prétendant que le Pape les avait appelés ses a fils bien-aimés », et que depuis longtemps ils ne le considéraient plus comme leur père spirituel 3. Ils ajoutèrent que le Saint Père n'avait pas le droit de convoquer le Concile et de s'ériger en juge des disputes religieuses, lui, l'auteur principal de toutes les hérésies, lui qui opprimait la vérité plus injustement que personne. On savait assez que la principale occupation des Papes était de soulever les peuples contre les peuples et d'agrandir leur pouvoir en affaiblissant les nations; car

« Voy. plus haut. pp. 83 84.

* Raynald, ad a. /56V, n«* 25, 26. Voy. Retmann, Sendung des Nuntius Commendone, pp. 244-245.

3 h Le il mars 1561, * écrivait le comte Gunther de Schwarzburg à Guillaume d'Orange, « les princes firent savoir aux ambassadeurs du Pape qu'ils ne savaient comment expliquer le titre de fils que leur donnait le Saint-Père; qu'ils espéraient que leurs mères avaient été d'honnétes femmes et qu'ils avaient d'autres pères que lui. » Groen van Pkinstbrkh, t. I,p. 52. Cette réponse, en tont cas, ne fut pas officielle. Voy. Reimann, pp. 279-280.

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