LES PRINCES PROTESTANTS SONT INVITÉS AU CONCILE. 1501. U
ils avaient coutume de punir cruellement tous ceux qui ne s'avilissaient pas jusqu'à adorer leurs personnes et leurs idoles, tous ceux qui voulaient mener une vie pure et sans reproche.
Les princes ne s'étaient point entendus sur la question du texte véritablement orthodoxe de la Confession d'Augsbourg; mais vis-àvis des nonces comme vis-à-vis de l'Empereur, ils feignirent d'être parfaitement d'accord. A les entendre, c'était à tort qu'on les accusait de n'être pas unis de sentiment, car non seulement la Confession d'Augsbourg présentée à l'Empereur en 1530, mais encore plusieurs autres écrits approuvés d'eux tous, avaient propagé et aflirmé dans le monde entier la vérité de leur divine doctrine. Pour l'Eglise romaine, elle était tellement noyée dans les erreurs les plus grossières, les abus les plus révoltants, la doctrine de l'Evangile y était à tel point défigurée qu'elle ressemblait plus à une superstition payonne qu'à une société chrétienne. Dociles au commandement de Dieu, qui ordonnait expressément de fuir l'idolâtrie, les Electeurs et princes s'étaient vus forcés de se séparer d'elle; ils n'avaient nullement l'intention d'aller supplier le Pape de leur imposer de nouveau ses lois. A Ferdinand seul, à l'Empereur romain, leur unique maître, il appartenait de convoquer le Concile *.
A ces paroles amères, Commendone répondit avec calme et dignité que le Pape avait proclamé le Concile dans la forme qui de tout temps avait été en usage dans l'Eglise. L'Empereur, auquel les princes reconnaissaient seul le droit de convoquer un Concile, était trop éclairé pour ne pas savoir distinguer le pouvoir temporel du pouvoir spirituel. Depuis son avènement, le Pape avait pris à cœur la réforme des abus. H avait convoqué le Concile avec d'autant plus de joie qu'à ses yeux il offrait le meilleur moyen de bien s'entendre sur la réforme générale. C'était à juste titre qu'on reprochait aux nouveaux croyants les divergences et l'incertitude de leurs doctrines. Leur désunion était un fait connu du monde entier, et qui ressortait clairement de ces mûmes écrits théologiques auxquels les princes faisaient allusion et qui tous étaient remplis de doctrines contradictoires. « Les princes se disent convaincus de l'orthodoxie de leur doctrine, » ajouta le nonce, « et cependant sa nouveauté, la manière dont elle s'écarto de la croyance ancienne et universelle, la révolte prèchée contre l'autorité établie, tout cela doit au moins les faire réfléchir, surtout en une affaire où il ne s'agit de rien moins que du salut des âmes. » Bien que saint Paul, ce vase
1 RwrsAi.n, ad a. i.Wi, n° 27. Voy. C.vu.nicu, Furstenlay, pp. 2U4-200. — Rkima.nn, Sendung, pp. 245-2 16.