OPPRESSION DE L ÉGLISE PAR LES POUVOIRS CATHOLIQUES
paraîtra réclamer l'intérêt de la gloire de Dieu et le bien général. » « Dans toutes les choses équitables; » Pie IV tenait compte des réclamations do la puissance temporelle. Il enjoignit aux légats de ne pas perdre un temps précieux à le consulter sur chaque question, mais de tout faire décider par le synode. Quant à la réforme du sacré collège, il leur recommanda d'agir sans faiblesse : « Nulle mesure, » répétait- il, « ne me paraîtra trop rigoureuse, car j'entends que, sur ce point, pleine satisfaction soit donnée au Concile comme aux princes1. »
« Sa Sainteté, » écrivait de Rome le cardinal Otto, le 17 septembre 1563, « montre une infatigable ardeur pour toutes les réformes, aussi bien en ce qui touche sa personne et sa cour que pour tous les autres intérêts do l'Église ; il désire ramener tous les membres du haut et du bas clergé à l'ancienne observance et austérité de mœurs; mais ce dessein, si louable et si juste, la restauration des lois et ordonnances de l'Eglise dans les diocèses, on un mot la réforme du clergé tout entier, portera peu de fruits si les princes et les gouvernements n'acceptent, eux aussi, une réforme complète, et si l'Église n'est premièrement délivrée des chaînes pesantes qui la retiennent plus ou moins captive dans tous les pays chrétiens . Car ce n'est point exagérer que d'affirmer que, même dans les états catholiques, les évêques sont à peine maîtres chez eux, et que les princes et leurs fonctionnaires gouvernent à leur place a. »
En général, le fait était exact.
Le Protestantisme avait déclaré que la puissance temporelle est seule de droit divin. Que l'autorité de l'Eglise ne fût qu'un écoulement de ce pouvoir et que les princes et conseils des villes eussent reçu de Dieu même la mission d'administrer les Eglises nationales, les princes catholiques ne pouvaient naturellement l'admettre; mais eux aussi, non seulement depuis Luther, mais bien longtemps auparavant, avaient constamment travaillé à remettre au pouvoir laïque, selon les principes quo les juristes romains jeur avaient inculqués au moins les intérêts temporels des évêchés. Ils s'étaient arrogé le droit de disposer àleur gré du biend'Eglise, depourvoir à tous les emplois, d'exercer leur contrôle sur toutes les ordonnances du clergé3. « Les laïques, princes et nobles, » lit-on dans un écrit daté du 1524, « veulent être les maîtres , accaparer les gros bénéfices, dis-
i Voy. Bucholtz, t. VIII, pp. 476-477, 601-602.
* * Au P. Jean de Reidt, à Cologne. Voy. plus haut, p. 87, note 4.
» Des les xiv* et xv« siècles, bien des princes avaient réclame le droit d'exercer le « pouvoir papal » à l'intérieur de leurs territoires. Voy. notre premier vol. pp, 478-479.