‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 133 sur 315 · TROUBLES RELIGIEUX A MAGDR BOURG DEPUIS · texte numérisé non relu

TROUBLES RELIGIEUX A MAGDR BOURG DEPUIS

geoisie » . Judex et Wigand, les années précédentes, avaient fait retentir dans leurs écrits«la redoutable trompettede la vérité»; ilsn'avaient cessé de livrerà Satan, «par l'ordre exprès et très juste du Seigneur,» tous ceux qui avaient quelque rapport avec l'Antéchrist et les papistes, même dans les choses usuelles de la vie, comme le boire, le manger, le salut échangé dans la rue *.

Mais « le feu de la colère divine » ne devait pas seulement atteindre les papistes; les auteurs « des exécrables décrets de Naumbourg » méritaient aussi le châtiment du ciel.

La conférence de Lunébourg avait cassé les décrets de Naumbourg, prescrit un nouveau symbole, lancé de nouveaux anathèmcs; Tilroann Hessus voulut obliger les ministres et même les maîtres d'école à souscrire aux nouvelles ordonnances. Beaucoup s'y étant refusés et le Conseil ayant pris les réfractaires sous sa protection, Hessus déclara « qu'il saurait bien se faire obéir en dépit des Périculistes, Neutralistes et autres girouettes du Conseil, dussent les juristes impies en crever de haine et de rage». «S'en indigne qui voudra, » s'écria-t-il, « le docteur Hessus s'en préoccupe fort peu! Que m'importe d'être en disgrâce auprès des juristes, pourvu que je reste dans la grâce démon Dieu? » La querelle s'envenima plus encore lorsque le Conseil refusa d'honorer <r comme des saints, des martyrs vénérables, des envoyés du Seigneur », les deux prédicants Judex et Wigand, et surtout lorsqu'il refusa de sanctionner l'élection de ce dernier à la cure de Saint Ulrich. Un disciple d'Hessus, dans une lettre rendue publique, exhorta lesanciens de la communauté chrétienne» à ne pas se laisser intimider par les flèches du démon »; le Conseil avait blasphémé contre la Trinité, et ravissait au peuple les biens du ciel. Hessus, plus tard, convint lui-môme que cette lettre était trop violente, qu'elle tombait sur les conseillers « comme la hache lourde et tranchante sur les branches rugueuses d'un arbre sauvage, ou comme un marteau de forge sur des quartiers de roche » ; mais Isaïe, Osée et Moïse avaient traité les ennemis de Dieu plus durement encore, et « plus la verge était rude, mieux l'enfant était corrigé ». II dit un jour en chaire que le Conseil, en faisant arrêter les agents chargés par Wigand de recueillir des votes en sa faveur, avait commis

1 Wie wir Christen dem anlichristlichen Baal und römischen Abgott christlich widerstehen sollen (1562), pp. 5-6. L'écril de Wigand est intitulé : Synopsis Antichrisli Romani, spiritu oris Christi revetali. lenae, 1560; celui de Judex; Gravissimum et severissimwn Edictutn et Mandatum œterni et omnipoteniis Dei. quomodo quisque Christianas... sese udversus Papatum nimirnrn Antichristum.., gerere et exhihere debeat» (1561). Sculüsselburg, t. XIII, pp. 256 et suiv., p. 313. Nous reviendrons sur ce dernier écrit.

Page 1