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TROUBLES RELIGIEUX A MAÜDEBOURG DEPUIS

un si grand péché qu'en l'espace de quarante ans il n'y en avait pas eu de plus monstrueux *. Les prédicants s'injuriaient et s'anathématisaient réciproquement, tandis qu'autour d'eux s'agitaient les passions populaires.

Les Etats de la Basse-Saxe, rapportant ces faits à la Diète du Cercle de Lunéhourg, ajoutent : « La discorde, la sédition, l'oubli total de la religion, la ruine des écoles et de toute bonne police est à craindre; il faut à tout prix éteindre les haines qui troublent tous les rapports sociaux depuis nos funestes querelles théologiques. » Sous peine de bannissement et de châtiments corporels, la Diète défendit aux prédicants d'injurier leurs adversaires en chaire, et comme il devenait impossible de se débarrasser des libelles et des caricatures de tout genre dont le pays était inondé, personne, sans la permission du gouvernement, ne fut plus autorisé à faire imprimer n'importe quel écrit.

Le Conseil de Magdebourg informa Hessus de ce décret, ainsi que d'un arrêt, rendu à Halle par l'archiduc protestant Sigismond, lui onjoignant de se soumettre immédiatement. Hessus déclara qu'il n'en ferait rien ; l'arrêt, dit-il, avait été rendu sans que le Seigneur eût été consulté; les princes s'étaient sans doute enivrés avant de se rendreau Conseil. et les légistes en avaient fait autant; il ne pouvait accepter « ce qu'ils avaient vomi ». En chaire, il répéta que l'arrêt était l'œuvre de magistrats impics.de gens pris devin, qui, poussés par Satan, avaient ourdi contre lui un infernal complot; que la sentence portée par lui était un sacrilège, un blasphème; que les vrais croyants devaient à se tenir en garde contre les prédicants serviles du Conseil, « gens pervers, homicides d'âmes , renégats, tyrans, ennemis du Christ ». Ceux qu'ils traitaient ainsi ne se faisaient pas faute de riposter.

Tandis que le Conseil hésitait à suspondro les pasteurs, les disciples d'Hessus aperçurent tout à coup dans le ciel « quatre colonnes étincelantes, effrayantes à regarder; la terrible vision dura quelques.heures ; puis, un orage si violent se déchaîna sur Magdebourg que ceux qui en virent les éclairs tombèrent sans connaissance; un cordonnier resta pendant sept heures en de mortelles angoisses, appelant en gémissant au secours, et cinq incendies simultanés annoncèrent au peuple la colère de Dieu. Les prédicants se maudissaient les uns les autres, leurs auditeurs éprouvèrent d'horribles tortures de conscience; beaucoup tombèrent malades; l'excitation de leur esprit était telle que plusieurs perdirent la raison ».

Le Conseil ayant interdit la parole à Hessus, son vicaire, Bar-

« Wli.Kt.NS, pp. iOü-iOÖ, 111-116. t

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