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LE CALVINISME DANS LE PALATINAT

Depuis que Frédéric IÜ avait découvert que la Confession d'Atigsbourg, dans sa forme primilive, enseignait sur l'Eucharistie la même doctrine que l'Eglise catholique, l'autoritédu célèbre symbole avait été ébranlée daus son esprit. Plus tard, il s'était aperçu que les écrits de Luther renfermaient un grand nombre d'erreurs et de contradictions. 11 se persuada qu'il était de son devoir de les combattre. La première chose à faire, selon lui, c'était de détruire « la grande hérésie » qui semblait être restée collée à Luther, « le dogme delà présence réelle, cette citadelle du papisme ». La nouvelle doctrine de l'ubiquité, soutenue par les théologiens de Wi Hemberg, lui répugnait singulièrement; à son sens, elle annulaitcomplètemont l'humanité du Christ, ou du moins elle en faisait « une chose subtile et vague, puisqu'il fallait la reconnaîtredans les pierres, le bois, le feuillage, les gazons, les pommes, les poires, et tout ce qui vit ; même dans les pourceaux infects et même,comme un docteur l'avaitaftîrmé au vieux Landgrave, dans le grand tonneau de Stuttgard !».

Le genre de vie de ses coreligionnaires ne le satisfaisait pas davantage; il était forcé de s'avouer quo la prédication de l'Evangile n'avait porté aucun fruit. « Depuis plus de quarautc ans, » écrivait-il à son gendre Frédéric de Saxe, « la pure doctrine et la sainte parole de Dieu ont été prêchées par notre ordre dans nos états ; nous nous sommes beaucoup vantés de notre zèle, et cependant nous n'avons pas encore compris ce que la vérité demande de nous. Bien que la doctrine soit pure, elle n'a apporté quo peu d'amélioration dans nos mœurs; il semble même, à voir les choses par l'extérieur, que les papistes aient l'avantage sur nous, car, pour les excès du boire et du manger, pour le jeu, l'avarice, l'impudicité, les haines et l'envie, il est certain que nous les surpassons. » « J'ai peur, » écrivait-il un autre

« Kluckhohn, Briefe, t. I, p. 587.

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