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LE CALVINISME DANS LE PALAT1NAT

jour, a que le Dieu de toute justice, qui ne laisse jamais les crimes impunis, ne nous fasse bientôt sentir sa verge redoutable, à nous qui nous vantons si Tort de posséder la très chrétienne Confession d'Augsbourg, et qui cependant nous livrons sans pudeur aux vices les plus grossiers, comme l'impudicité, la gloutonnerie, le blas« phème, le jeu, l'avarice, l'usure, absolument comme si nous étions libres de vivre à notre guise. » Et ailleurs : « Les vices grossiers, comme l'excès du boire et du manger, le blasphème l'usure, qui sont en abomination chez les payens et chez ceux-là mêmes qui ne savent rien de Dieu, nous les regardons à peine comme des péchés \>.«Nous faisons beaucoup de bruit de la Confession d'Augsbourg, nous en sommes fiers, et nous vivons néanmoins dans une telle licence et en même temps dans une si grande sécurité de conscience qu'il semble que nous nous servions de cette Confession comme d'un manteau pour couvrir nos vices, et que Dieu nous doive sa grâce et son pardon, uniquement parce que nous faisons profession d'en croire les articles 4 . »

L'Electeur ne tarda pas à se mettre en relation avec les plus célèbres théologiens zwingliens et calvinistes. Pour réformer l'Eglise palatine, il eut surtout recours aux lumières de deux professeurs calvinistes d'Heidelbcrg, Gaspard Olevian et Zacharie Ursinus. Par son ordre, les autels, tableaux, images qui ornaient encore les églises furent enlevés ; des tables remplacèrent les autels ; les fresques furent recouvertes de chaux ; les hosties remplacées par de petits pains ronds, les calices par des gobelets en bois grossier, les fonts baptismaux, par des cuvettes d'étain ; on ferma les orgues. Lorsque le duc Jean-Frédéric de Saxe voulut faire quelques représentations à l'Electeur à ce sujet, il répondit que le Christ et ses Apôtres ne s'étaient jamais servis de calice ; que toutes ces choses étaient des instruments d'idolâtrie, que les fonts baptismaux avaient servi à des pratiques idolâtres et à la magie 11 appelait les hosties dont se servaient encore les Luthériens « le pain d'idolâtrie », et disait qu'ils les avaient supprimées parce que ses sujets étaient restés si attachés au dogme de l'Eucharistie que, malgré tout ce qu'on pouvait leur dire, ils y adoraient encore le Dieu vivant et véritable3. Frédéric regardait aussi les crucifix comme des idoles ; à plusieurs reprises, il chargea ses commissaires d'enlever toutes ces abominations, à l'extérieur comme à l'intérieur des églises *. Il signilia

1 KLUcjtnoiix, Briefe, t. I, pp. 478, 486, 837. * Struve, pp. ICti-lOH.

» Kluckhohn, Briefe, t. I, p. 372, note. « Voy. Süduofk, pp. 140-iil.

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