ATTITÜDE DE MAXIMIMEN PAR RAPPORT A LA RELIGION
« fils bieu-airaés ». C'était faire presque plus qu'il ne devait, » avait dit Maximilien ; « par cette conduite, le Pape a prouvé la générosité do son àmc, la noblesse de son caractère. » « Le roi avait parlé longuement des princes allemands, de leurs intérêts, de leurs querelles, disant que, quant à lui, il regardait comme presquo impossible qu'ils parvinssent jamais à s'entendre et à tomber d'accord sur une même profession de foi. Par rapport au Concile, il avait dit qu'il en attendait peu de choso quaut à la conversion des princes, à cause de leur obstinatiou ; mais que, pour sa part, il se promettait de soutenir le Pape eu une si louable entreprise, et qu'il ne savait comment reconnaître la bonté infinie que Sa Sainteté lui témoignait, car il n'avait pas conscience d'avoir jamais rien fait pour la mériter; mais il espérait dans l'avenir prouver ses sentiments par des actes *. En même temps, Maximilieu assurait à l'ambassadeur de Philippe II qu'il avait engagé plusieurs princes protestants de ses amis à se rendre au Concile. 11 lui confia aussi l'iutention où il était d'envoyer en Espagne son Iiis aîné Rodolphe, alors âgé do huit ans, étant d'avis que son éducation religieuse y serait mioux surveillée qu'on Allemagne et que, dans l'état de choses actuel, ou ne pouvait trop faire pour mettre la foi en sécurité 2.
Mais ce même 13 janvier, le lendemain de son entretien avec Commendone, qui partait pour Naumbourg avec révoque Delfino, Maximilien « prouva ses sentiments par des actes », d'une manière qui fait peu d'honneur à son caractère. Il écrivit à Christophe pour lui recommander de se méfier, à Naumbourg, « des deux compères qu'il lui envoyait ». Deux jours après, il lui parle avec mépris du « conciliabolum » ou Concile de Trente et ajoute au sujet des nonces : « Comme je ne doute pas que Votre Grâce n'ait l'expérience de ces sortes d'oiseaux de passage, je pense qu'elle saura fort bien se comporter en cette circonstance, car, en vérité, on ne peut se fier à eux. » Parlant comme s'il était déjà protestant, il exprime l'espoir que les princes de Naumbourg finissent par s'entendre et n'aient plus qu'une opinion et qu'un symbole : « Ce qui ne déplairait pas médiocrement à nos adversaires, comme Votre Grâce le peut aisément supposer, car leur grand argument et triomphe contre nous, c'est notre désunion, argument qui sera détruit par ce moyen 3. »
1 «... In fine mi disse, cite nou sapeva, corne corrispondere a I'infinita benignità di nostro Signore verso di lui, et che conosceva, di non l'baver mai meritata, ma che sperava per l'aven ire mostrar con l'opère l'animo suo. » Lettre de Commendone à Charles Borromce, 13 janvier 1501, dans Pogiam, Epist., t. II, p. 219, note m.
* Heimann, Heliyiôse Entioickluwj, pp. 41-42.
3 Voy. Le Hhet, t. IX, pp. 188-1 VU. Les ambassadeurs d'Angleterre Kuolles et Mündt écrivent en 1562 à la reine Elisabeth : « Maximilian bears himself so that