‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 148 sur 315 · ATTITUDE DE MAXIMILIAN PAR RAPPORT A LA RELIGION · texte numérisé non relu

ATTITUDE DE MAXIMILIAN PAR RAPPORT A LA RELIGION

Ni les Protestants Di les Catholiques ne pouvaient se fier à un tel homme.

Lorsque l'Empereur en cette même année, commença à s'occuper activement de l'élection, les Electeurs ecclésiastiques insistèrent pour savoir si Maximilien était oui ou uon bon catholique. Ferdinand fit part à son fils de leur anxiété, l'invitant à dicter luimême la réponse qu'il devait faire. Maximilien répondit « qu'il était fermement résolu à'maintenir la religion catholique, à vivre et à mourir dans le sein de l'Eglise romaine». «Je loue fort ta réponse,» lui écrivit Ferdinand, « et j'en conclus que tu ne t'écarteras jamais de la voie qu'ont suivie tes ancêtres ; je crois aussi que si tu avais au fond du cœur un autre sentiment, nulle considération humaine ne t'empêcherait de me le révéler. Je regarde comme très naturelle l'inquiétude des Electeurs ecclésiastiques, et j'avoue que si ta réponse eut été différente, ni par tendresse pour toi, ni pour tous les royaumes du monde, je n'eusse voulu te proposer ni te soutenir : tu peux en être persuadé. Je te supplie encore, avant que les négociations ne commencent, de me faire connaître le fond de ta pensée, de peur que tu ne nous exposes plus tard tous les deux à une grande humiliation; je te rle répète : sans l'assurance que tu me donnes, non seulement je ne soutiendrais pas ton élection, mais je serais le premier à la combattre. » Et pour la seconde fois, Maximilien jura à son père qu'il était fils très obéissant de l'Eglise romaine et .voulait vivre et mourir catholique, à l'exemple de ses aïeux. 11 renouvela solennellement ces assurances en présence de son frère, des conseillers impériaux et des ambassadeurs des Electeurs ecclésiastiques. Il recommença à aller à la messe, prit part aux processions et autres exercices du culte catholique, assurant à Ferdinand qu'il comprenait maintenant l'erreur des nouveaux croyants, et qu'il était convaincu que la plus grande partie de la population se convertirait si les scandales du clergé ne mettaient obstacle à un résultat si désirable. Une seule chose lui semblait impossible : abandonner le « calice laïque 1 ».

Quant aux Electeurs luthériens, Maximilien n'avait rien à en redouter relativement à l'élection. Joachim de Brandebourg lui avait offert ses services; Auguste de Saxe, aussitôt {que l'Empereur avait posé la candidature de son fils, s'était empressé de lui assurer qu'en cette circonstance il se rangeait absolument do son côté i. Seul Frédéric III, l'Electeur calviniste du Palatinat, se prononça

the Protestants stand in good hope, the Papits do not dispair, and he is liked by bolh. «• CaUndar of Slate-Papers, for. ser. 1Ö62, p. 852.

« RtiMANN, Religiöse Entwicklung, pp. 58-61.

* Hubehu.n, t. IV, pp. 483 et suiv.

NÉGOCIATIONS RELATIVES AU CALVINISME PALATIN. 2t7

nettement contre Maximilien, car il attendait impatiemment la vacance du trôno impérial pour tenter de ravir l'Empire à la maison d'Autriche. « Si nous voulons sauvegarder la liberté de l'Empire, » disait-on dans son entourage, a\\\ est indispensable que la suprême charge passe à une autre dynastie *. » Or, étant donnés les dissentiments et les rancunes qui divisaient les membres protestants et les membres catholiques, l'élection d'un Empereur pendant un interrègne eût, selon toute vraisemblance, donné lieu à un second choix : de là. la guerre civile et l'intervention de l'étranger. Christophe de Wurtemberg essaya de faire comprendre ce péril à l'Electeur palatin et le pria de réfléchir à la responsabilité dont il se chargerait en refusant son suffrage *. No trouvant aucun écho chez les princes ses collègues, Frédéric renonça à la lutte. Maximilien fut élu à l'unanimité des suffrages le il novembre 1562, et son couronnement eut lieu le 30novembre de la même année dans l'église de Saint Barthélemi. Comme tous ses prédécesseurs, il prêta serment de soumission et de fidélité au Pape et à l'Eglise romaine.

Au fond du cœur, il fut toujours attaché à la Confession d'Augsbourg, et resta l'ennemi acharné du Calvinisme.

Lors de la Diète électorale de Francfort, Christophe de Wurtemberg avait pressé ses coreligionnaires, et en particulier les Electeurs de Saxe et de Brandebourg, de faire une démarche auprès de l'Electeur palatin pour le conjurer do renoncer à ses erreurs. «Il est hors de doute, » leur avait-il dit, « que les doctrines calvinistes [et zwingliennes prennent la haute main dans le Palatinat; or le Calvinisme est une hérésie détestable, opposée à la Confession d'Augsbourg; elle est exclue, comme. toutes les autres sectes, de la paix de religion. En outre, comme plus d'un exemple nous le prouve, c'est un Spiritus seditiosus; là où il se déclare, il ne vise qu'à renverser le pouvoir établi. De sorte que l'Electeur palatin, en le propageant, s'expose, non seulement aux agressions de l'étranger, mais à celles de ses propres sujets. 11 est de notre devoir de l'éclairer. 11 faut aussi lui faire sentir qu'il se couvrirait de ridicule si, après avoir adhéré, il n'y a que fort peu de temps, à la Confession d'Augsbourg, en signant avec nous les recez de Francfort et de Naumbourg, il reniait presque aussitôt après sa propre parole.» «Puisque la paix de religion a pour base la Confession d'Augsbourg, il est facile de comprendre à quel extrême péril et à combien de calamités Sa Grâce exposerait son pays et ses sujets en s'obstinantplus longtemps dans son erreur 3. »

* Kluckhoh.v, Briefe, t. I, pp. 243-247 et suiv., pp. 274, 286, 355. Voy. Kli/ckhohn, Friedrich der Fromme, pp. 190-192.

* Hhberlin, t. IV, pp. 539-540.

» Klcckhohn, Briefe, U I, pp. 371-377.

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