DÉLIBÉRATIONS RELIGIEUSES A LA DIÈTE D'AUGSBOURG DE
ton amer de leurs adversaires « qu'ils n'avaient, quant à eux, nulle envie désengager dans une dispute reprise à satiété et sur laquelle tant de livres avaient déjà été écrits. Ils n'étaient pas non plus d'humeur à répondre aux reproches, aux injures, aux calomnies indignes de chrétiens dont ils étaient tous les jours l'objet. Ils étaient venus à Augsbourg avec l'ardent désir de restaurer, dans ces temps d'angoisse et de péril, la paix, le calme et la sécurité, et ils ne pouvaient s'empêcher de trouver étrange que, contrairement aux constantes traditions du Saint Empire, contrairement à la paix de religion et à toute convenance chrétienne, ils eussent été traités avec le dernier mépris dans des livres pleins de fiel, injurieux pour Sa Majesté impériale et pour une religion qui remontait au temps des Apôtres. Et leurs adversaires ne se contentaient pas d'attaquer les vivants, ils insultaient à leurs propres ancêtres, pieusement décédés dans le giron de la sainte Eglise romaine. Les Catholiques se refusaient à croire que ces écrits haineux fussent l'œuvre commune de tous les membres protestants ; il était plus probable qu'ils avaient été forgés « par ces sortes de gens qui ne se plaisent que dans la calomnie et l'outrage et n'ont aucun souci d'établir et de cultiver la paix, ce bien si indispensable à la prospérité des Empires». On ne pouvait faire une plusjgrandc injure aux Catholiques, on ne pouvait les blesser plus profondément qu'en les contraignant à entendre dire en leur présence que leur religion n'était qu'une fable, une abomination scandaleuse, une idolâtrie payenne, condamnée par la parole do Dieu, que l'autorité légitime de l'Eglise et des Conciles était tyrannique, qu'ils vivaient en contradiction flagrante avec l'Evangile, qu'ils étaient cause de tous les désordres, de tous les maux qui affligeaient l'Eglise, et ne se souciaient point de la prospérité de la nation allemande. » Venaitensuite la réfutation des accusations portées contre l'ancienne foi : « Si l'Eglise n'avait reçu d'en haut aucune autorité, s'il fallait croire que le Dieu tout-puissant ne se soit souvenu de sa pauvre Eglise qu'il y a quarante et quelques années et qu'il ait attendu jusque-là pour allumer dans le Saint-Empire de nation germanique, d'une manière toute miraculeuse, une lumière seule infaillible pour la répandre ensuite dans toute la Chrétienté, c'est donc par un effet d'une vengeance incompréhensible du Tout-Puissant qu'après avoir racheté si cher le genre humain, envoyé son Saint-Esprit à l'Eglise chrétienne, il a si longtemps refusé une grâce si précieuse à nos pieux ancêtres et les a laissés vivre dans les ténèbres et à l'ombre de la mort, abandonnant à la damnation éternelle tant de milliers d'âmes baptisées en son nom?» Les Catholiques n'espéraient point