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DÉLIBÉRATIONS SUR LE CALVINISME DANS LE PALAT1NAT

que Calvin et GEcolampade eux-mêmes. Sur le sacrement du baptême, l'Electeur professait aussi d'autres opinions que les Confessionistes. Les prédicants orthodoxes avaient été chassés du Palatinat, et Frédéric avait défendu à ceux de ses sujets qui habitaient les principautés voisines de recevoir les sacrements des mains des pasteurs luthériens. 11 fallait exiger de lui la promesse de renoncer à de pareils procédés et d'interdire à ses docteurs, du moins jusqu'au colloque prochain, de publieraucun écrit théologique. Tous les ordres qu'il avait publiés contre ses sujets luthériens étaient dès ce moment abolis

Mais Frédéric répondit sans se troubler que sa docrine n'était pas hérétique ; que ses opinions s'accordaient de tout point avec la Confession d'Augsbourg; que si l'on se décidait à un colloque ses prédicants rendraient compte de leur doctrine de façon à satisfaire tout le monde, et que, dans sa principauté, il ne se laisserait jamais donner aucun ordre.

« Des murmures et un mécontentement général ont répondu à ces paroles audacieuses, » lit-on dans un mémoire du temps. «À la tin, il a été décidé qu'où s'entendrait plus tard avec les conseillers de Frédéric sur la question du colloque5. »

Celte discussion avait lieu le 24 mai. Ce jour-là mémo Frédéric quitta Àugsbourg. Il pouvait partir sans aucune inquiétude, car ses collègues lui avaient communiqué un message qu'ils comptaient remettre à l'Empereur, et qui le mettait en parfaite sécurité.

Cet important document, daté du 26 mai, portait qu'il n entrait pas dans les vues des princes protestants de condamner en bloc tous ceux qui, soit en Allemagne, soit à l'étranger, se trouvaient en désaccord avec eux sur quelques articles de foi, quand même ils seraient forcés d'avouer que ces personnes faisaient profession de Calvinisme, car ils ne voulaient à aucun prix provoquer des persécutions, d'autant plus que, sous prétexte de détruire le Calvinisme, on pourrait, un jour ou l'autre, les obliger eux-mêmes à admettre la transsubstantiation. Ils ne voulaient point servir les intérêts des papistes; ils ne considéraient pas le décret du H mai, auquel peu d'entre eux avaient souscrit, comme applicable à tous les membres d'Empire; ils se refusaient à y voir un motif d'exclure l'Électeur de la paix d'Augsbourg. Le décret, à leurs yeux, n'était qu'un avertissement, qu'une invitation à abjurer et à fuir le Calvinisme. D'ailleurs, Frédéric ayant accepté le colloque, les décisions étaient encore incertaines, et il leur était impossible de prévoir ce qui arriverait si l'Électeur refusait de se laisser convaincre et éclairer; c'était à l'Em*

« Klucmoh*, Briefe, t. I, pp. 676-681.

1 Voy. Donawer, pp. 110-112.

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