‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 158 sur 315 · DÉLIBÉRATIONS SUR LE CALVINISME DANS LE PALATIN AT · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATIONS SUR LE CALVINISME DANS LE PALATIN AT

pereur de réfléchir à la chose, d'aviser et de décider à loisir ce qu'il jugerait le plus à propos de faire *. »

Maximilicu fut très mécontent de ce message, et maudit une fois de plus l'inconsistance des Confessionistes. « Impossible de se lier à des gens si mobiles, » écrivait-il le 24 mai au duc Albert de Bavière; « mais après tout il faut se féliciter du tour qu'ont pris les choses, car j'ai appris à connaître leur fidélité et je sais maintenant à quoi je puis m'attendre de leur part ; que Dieu leur donne un meilleur esprit ! Je ne donnerais pas une pelure de rave de leur Confession, car nous en verrons bientôt sortir le Zwinglianisme et l'anarchie. Je prie Dieu qu'il leur donne un meilleur esprit, mais ils sont bien aveugles! » « Toutefois je ne puis m'empêcher de reconnaître que le Mecklembourg s'est bien conduit dans toute cette affaire; quant à Lindemann, c'est un misérable2. »

Mais il était impossible à Maximilien de résister ouvertement « à ces gens indécis et mobiles », car il avait absolument besoin de leur argent pour arrêter les progrès toujours plus alarmants des Turcs. Il répondit donc qu'en demandant une explication nette aux membres d'Empire, il n'avait pas eu Frédéric uniquement en vue, et n'avait jamais songé à sévir d'une manière spéciale contre lui ; que son but avait plutôt été de mettre la nation allemande en garde contre d'abominables et pernicieuses sectes venues de l'étranger, puisqu'on n'en pouvait attendre que la ruine totale de la foi chrétienne et la détresse de tous les citoyens; son intention avait été aussi de maintenir la question religieuse au point où elle en était en loo5, au momentoùle traité avait exclu toutes les sectes de la paix; quant au décret du 14 mai, il était résolu à le faire exécuter 3.

« Mais en réalité l'affaire du Palatin, embrouillée à dessein, le décret, les débats, les discours, les commissions, tout cela n'aboutit absolument à rien.» On n'obligea même pas Frédéric à restituer ce qu'il avait pris aux abbayes de Sinsheim et de Neuhausen. Le colloque où il devait être corrigé « d'après la parole de Dieu » n'eut pas lieu, et l'Electeur, sans être aucunement gêné par l'Empereur ou l'Empire, put travailler eu paix à la diffusion du Calvinisme.

Ce que Zasius avait appréhendé se vérifia à la lettre : la Diète d'Augsbourg fortifia le Calvinisme en Allemagne *, surtout après qu'un dernier effort pour le repousser eut échoué en Saxe par la propre faute des Luthériens.

« Voy. Donawer, pp. 112- H7.

* Briefwechsel, p. 150. Kluc&iiohk, Friedrich der Fromme, p. 255. 3 Doxawer, pp. 117-121.

* Hessus. dans une lettre à Chemnitz, exprime aussi la crainte qu'après la Diète le Calvinisme ne fasse de rapides progrès. Lkuckfbld, Hist. Heshus, pp. 70-71.

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