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DANGEREUSES CABALES » DANS L'EMPIRE

est impossible; il faut auparavant que les villes soient domptées, de fortes amendes imposées aux particuliers, les revenus royaux mis en sécurité, les privilèges de la noblesse restreints. Avant qu'on puisse parler de pardon, les citoyens doivent être matés par la terreur. Alors les cités se soumettront sans résistance; ceux qui ont à se racheter offriront de fortes rançons et la Diète n'osera pas s'opposer aux propositions qui lui seront faites relativement aux revenus royaux »

Pendant ce temps, l'Empire ressentait le contre-coup des événements de Flandre, et des prédicants, des émissaires flamands, faisaient appel à la compassion des Protestants pour leurs frères persécutés.

« Les Pays-Bas sont dans ladern irre détresse, » écrivaitle Conseil de Cologne le 2i mars 1567; « les citoyens ont souffert dans leurs corps et dans leurs biens, et tout cela par la faute de prédicants turbulents et hérétiques. Tous les bons chrétiens devraient méditer cet exemple, mais l'on craint que ces mêmes hâbleurs ne propagent aussi dans nos pays, surtout à Cologne, leurs pernicieuses doctrines 9. » Avant même que le duc d'Albe ne fût arrivé, des bandes d'émigrants, se rendant d'Utrecht et de Saint-ïrond à Cologne, excitaient, chemin faisant, les populations à la révolte. Désireux de faire de Cologne le centre de leurs opérations, ils enrôlaient des soldats dans toute la contrée, et les nouvelles recrues pillaient et dévastaient le pays. Guillaume d'Orange lui-même, qui s'apprêtait alors à résister ouvertement au duc d'Albe, rançonna les habitants de Cologne, le Conseil et le chapitre. On craignait que le Bas-Rhin tout entier ne fût enveloppé dans la révolution. Le duc d'Albe, en termes menaçants, se plaignit au Conseil que des secours eussent été accordés» àdes rebelles dignes de châtiment, et qu'ils eussent trouvé hospitalité, abri, impunité dans leur ville». L'Université et le clergé pressaient le Conseil de prendre des mesures énergiques contre les sectaires qui tous les jours affluaient des Pays-Bas. « Les troubles, l'hérésie, l'émeute, des impôts exorbitants menaçaient la cité 3. » Dans le duché de Clèves, un nouveau roi anabaptiste, le cordonnier Jean Wilhelmsen, terrorisait depuis plusieurs années toute la

* Gachard, t. II, p. 4-6. Voy. Holzw aivth, t. II, pp. 249 et suiv.

* E.nnen, t. IV, p. 775.

» E*nkn, t. IV, pp. 838-8U.

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