‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 168 sur 315 · DANGEREUSES CABALES » DANS L'EMPIRE · texte numérisé non relu

DANGEREUSES CABALES » DANS L'EMPIRE

contrée. Lui et ses « sujets » se livraient impunément au meurtre et au pillage. Le roi avait autorisé la polygamie, et composé un livre sur cr les grands et scandaleux abus de l'état impur du ma» riage ». Le livre de la Restitution, de Hothmann, avait été réédité par lui *. « Prendre et dérober n'est pas un crime, » disait-il; « c'est plutôt exercer un droit; daus le nouveau royaume de Dieu, tous les biens temporels sont à Jésus-Christ; or, nous sommes ses Apôtres, par conséquent ces biens nous appartiennent comme à lui 2. »

« Depuis les affaires de Flandre, » écrit un contemporain, <r le Saint-Empire était dans une agitation perpétuelle, et le vent pestilentiel que, depuis de longues années, soufflent dans nos pays les discordes religieuses, l'insubordination de la noblesse et du peuple, la ruine générale de la discipline, des mœurs et de la fortune publique, était encore excité par les rumeurs qui circulaient au sujet des intrigues et conspirations des Evangéliques contre les Catholiques, et vice versa 3. »

« Cette année même, » disait-on, « une vaste conspiration contre les Catholiques va s'organiser; le margrave Hans de Brandebourg enrôle des lansquenets; la Pologne, la Suède, le Mecklembourg, Anhalt, un grand nombre de comtes, de gentilshommes et toutes sortes de gens turbulents se sont ligués pour l'extermination générale des Catholiques. » Le duc Albert de Bavière sera châtié le premier. Lui, l'archevêque de Salzbourg et le cardinal d'Augsbourg n'ont qu'à se bien tenir, car le duc de Bavière est le principal chef «les prêtres; l'archevêque de Salzbourg, l'homme puissant et riche; le cardinal, celui qui poursuit avec le plus d'ardeur la ruine de la Confession d'Augsbourg et le triomphe de la Papauté. L'incendie, le pillage, le vol, la proscription, la perte de leurs biens, voilà ce qui les attend, personne ne sera épargné, ni eux, ni les leurs *. »

Les querelles des membres d'Empire entre eux étaient surveillées et exploitées par la France. Dès le printemps de 1567, les ambassadeurs de Charles IX s'étaient présentés chez les princes protestants pour les informer des projets des puissances catholiques et proposer une entente cordiale, une alliance offensive et défensive entre

1 Voy. sur le livre de Rothmann notre troisième volume, p. 331.

* Bo ittehwek , Pour ce qui se rapporte aux Anabaptistes, voy. Zeitschr. des bergischen Geschichtsuereins, t. I, pp. 314-315. Ce ne fut qu'en 1574 que le roi du nouveau royaume de Dieu fut trahi. Il comparut devant la justice avec ses complices, et fut brûlé vif à Cleves en 1580. Voy. Schölten, Die Stadt Cleve (Clèves, 1881), p. 592.

* Von Abnehmen chrislenlichen Glaubens und friedfertigen gottseligen Wesens durch einen Liebhaber der Wahrheit gestellt (1571), pp. 9-10.

* Ki ucKnoHN, Brieje, t. II, p. 73, note 1.

Page 1