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LA. LIGUE DE MAULBRONN ET LA RÉVOLUTION DES PAYS-BAS

les protestants d'Allemagne et la couronne de France. Un libelle de provenance française prétendait que les rois d'Espagne et de Portugal, les ducs de Savoie et de Bavière, le Pape et Maximilien luimême s'étaient unis pour l'extirpation des Huguenots et des Luthériens; que l'Electeur palatin et Auguste do Saxe allaient être renversés ; que les deux frères de l'Empereur seraient élus en leur place ; que tous les princes qui s'opposeraient aux alliés seraient détrônés, les prédicants chassés, les partisans des nouvelles doctrines contraints d'assister à la messe ou mis hors d'état de nuire par la confiscation de leurs biens, l'exil ou même la peine capitale; qu'un « patriarche », nummépar le Pape, allait imposer la religion catholique à tout l'Empire, et qu'Albert de Bavière, élu premier ministre du Pape, commanderait en son nom à l'Eglise d'Allemagne *.

Il n'y avait pas un mot de vrai dans ces étranges rumeurs; mais ce fut en vain que l'Empereur et le duc Albert essayèrent de les démentir, et les rigoureuses poursuites décrétées contre leurs auteurs ne les empêchèrent point de se propager.

Plus que tous ses collègues, l'Electeur palatin prêtait une oreille complaisante aux ouvertures françaises. La position particulière où il était placé, sa frayeur de voir l'Empereur exécuter contre lui l'arrêt de la Chambre Impériale le portaient à s'appuyer sur l'étranger. Aussi prit-il l'initiative de la conférence de Maulbronn, qui réunit, en juillet 1567, le duc Christophe de Wurtemberg, le margrave Charles de Bade et lui. Les trois princes se promirent et de faire tous leurs efforts pour réunir tous les membres d'Empire protestants dans une ligue fraternelle, et pour les décider à l'alliance française; Charles IX devait être autorisé à enrôler des soldats en Allemagne en cas de guerre extérieure, pourvu qu'il promit de ne jamais attaquer les princes évangéliques, de ne pas prêter mainforte à l'Empereur pour l'exécution des décrets du Concile et de ne pas souffrir que jamais ces décrets y fussent mis en vigueur2». « On prétend, * écrivait l'Empereur à Albert de Bavière le 15 octobre 1567, « que l'Electeur palatin et le duc de Wurtemberg ont fait alliance avec la France : il faut avoir l'œil ouvert. » « L'Electeur Frédéric,» ajoute-t-il le 8 décembre, « se conduit selon son usage; je l'ai fait avertir loyalement et sérieusement; s'il ne se soumet, il s'attirera de fâcheuses affaires 3. »

Les princes de Maulbronn désiraient vivementdécider Auguste de

* Voyez ces passades dans Koch. t. Il, pp. 135-137. Kluckhof, Briefe, t. Il, pp. 50-51. Voyez, v. Bkzoi.ij, 1. 1, pp. 21. *KurcKHOHN, Briefe, t. II, pp. 06-67.

5 Briefwechsel, pp. 176-177.

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