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L EMPIRE ET LA RÉVOLUTION DES PAYS-RAS

scrupule de donner au roi les plus fermes assurances 1 ; ce qui ne l'empêcha point, en octobre 1568, d'exprimer avec tant de chaleur à l'ambassadeur de Saxe sa sympathie pour les Protestants, sympathie qui lui avait attiré, disait-il, des contrariétés et des reproches, uon seulement de la part du Pape et de Philippe II, mais de la part de son propre frère, qu'Auguste l'encouragea à donner enfin franchement son adhésion à la Confession d'Augsbourg, à braver ouvertement « le moine payen qui trônait à Rome, à se débarrasser de toutes ses attaches avec la prêtraille 2 ». L'Electeur palatin, lui aussi, pressait Maximilten de laisser à « la vraie religion » toute liberté de s'établir à sa cour, de ne plus se laisser égarer « par les créatures de Satan » et de résister franchement aux exigences du légat 3. Bien qu'il se dit bon catholique, l'Empereur avait eu beaucoup de peine à recevoir à sa cour le légat Gommendone. « N'est-ce pas une honte, » lui écrivait Albert de Bavière, « que les ambassadeurs turcs et ceux d'autres peuples barbares soient accueillis en Allemagne avec les plus grandes marques de respect, tandis qu'on fait ici mille difficultés pour recevoir l'envoyé du Saint-Siège 4 ? »

Le caractère peu franc de l'Empereur éveillait les méfiances de tous les partis. Le duc d'Albe, écrivant à Philippe le 18 septembre 1568, lui exprime son mépris pour sa faiblesse et sa dissimulation, et le soupçonne de songer à conquérir les Pays-Bas en s'appuyant sur la France 5. L'ambassadeur d'Espagne à Vienne linit par déclarer à Maximilien, de la part du duc d'Albe, que, pour ôter aux princes d'Empire toute envie de témoigner leurs sympathies aux révoltés de Flandre, l'Espagne pourrait bien un jour encourager la noblesse allemande à assaillir la Saxe, le Palatinat et autres territoires princiers qu'ils convoitaient depuis longtemps ; que si jusqu'à ce jour on n'avait pas voulu les y encourager, ce n'avait été que par égard pour lui, mais que, bientôt peut-être, on s'y verrait forcé 6.

« Koch, Quellen, t. II, p. 100.

* Wehkr, Des KurfiirstenAuçjust Verhandlungen, p. 336. 3 Ki.u<;khoiin, Briefe, t. Il, pp. 272-275.

* Wimmkk, pp. 72 et s-.iiv. v. Aretin, Haijerns auswärtige Verhältnisse, p. 60. 1 v. Bezold, t. I, pp. 61-62.

6 v. Bezold, t. I, pp. 33-31. Grunvellc écrivait le 3 uovembre IÜ6S à Philippe II : « Si les électeurs du Khiu et d'autres princes allemands, malgré le préjudice tpjc leur a causé la première expédition du prince d'Orange, persistent à le favoriser, le rot pourrait occuper leurs États jusqu'au Rhin, en les iraitant comme rebelles à Dieu cl hérétiques. « Gaciiahu, Corresp. de Philippe 11, t. II, p. 46.

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