SECONDE GUERRE DES HUGUENOTS. — DÉPLORABLE SITUATION DE LEMPIRE
Si le caractère de l'Empereur inspirait peu de confiance aux Electeurs et aux princes, ils ne pouvaient guère se lier davantage les uns aux autres. La plupart étaient à la solde des souverains étrangers, et leurs conseillers eux-mêmes touchaient des sommes importantes. La France et l'Espagne, en particulier, luttaient de générosité à leur égard, dans l'espoir de les attacher à leurs intérêts. « Les Français exploitent les troubles de l'Allemagne, «écrivait le vénitien Giovanni Michieleen 1561, « et grâce aux pensions qu'ils prodiguent, ils arrivent à leur but. Le comte palatin, le duc de Wurtemberg, le landgrave de Hesse, les ducs de Saxe, fils de Jean-Frédéric, le margrave de Bade et beaucoup d'autres princes ont fort à se louer de la libéralité française1. » Charles IX distribuait annuellement à ses pensionnaires allemands plus de cent mille livres 2. Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas, avait cru devoir dépasser encore cette somme. Eu 1566,ayant reçu de Philippe II 75.000 ducats destinés à satisfaire la cupidité des princes, elle écrivait à Madrid qu'elle avait été informée que la France donnait bien davantage 3. L'Electeur de Brandebourg, le prince électoral Jean-Georges, le margrave Hans do Brandebourg étaient, bien que protestants, pensionnés par l'Espagne 4. Le duc Adolphe de Holstein, outre ce qu'il tirait de
» Tom m a s ko, Relations des ambassadeurs vénitiens sur les a /pat res de France au XVI* siècle, t. 1,444.
* Voy. Groen van Prjnsterer, t. IV, p. 69 *. 3 Voy. Reikfenberg, p. 219.
* Reikkkin-hkrg, p. Il ; v. Bezold, t. I, p. 59. Voy. Suuenheim, Frankreichs Einßuss, t. I, p. ÏS9.