PLANS DE RÉFORME DE LAZARE DE SCHWEND
serons nous mêmes craints et respectés. L'Empereur et les Electeurs interviendront dans les conflits entre puissances et deviendront les arbitres de la paix. Mais si l'on marche dans l'ancienne ornière, si, comme parle passé, on traite les affaires avec mille hésitations, délais, paperasses et ambassades, l'Empire restera la risée de l'Europe; il sera continuellement attaqué, morcelé, un jour ici, demain là. Ne voit-on pas que le roi de France reste le tranquille possesseur des pays ravis à l'Empire contre toute justice? Et cependant les guerres civiles qui déchirent le sol français nous ont déjà fourni plus d'une bonne occasion de reconquérir ce qui nous a élé ravi. »
« Grâce à cette nouvelle organisation, grâce aux munitions sagement amassées, on serait en état de tenir tête aux Turcs. Pour achever la construction des forteresses à la frontière hongroise, les membres d'Empire ont le devoir de mettre à la disposition de l'Empereur des sommes importantes, car si jamais les Turcs venaient à s'emparer de cette frontière sans qu'il fût possible de s'y opposer, toutes les calamités imaginables fondraient sur nous. Dans les expéditions précédentes, ce n'est pas tant l'argent qui a fait défaut que l'expérience, que la pratique de la guerre. Une armée permanente, entretenue aux frais de l'Empire, permettrait à notre noblesse d'acquérir cette expérience si nécessaire, et c'est là que pourraient se former des généraux expérimentés. »
« Il est aussi très important de réveiller dans les chevaliers teutons l'ancien zèle, l'ardeur belliqueuse d'autrefois. Leur ordre a été fondé pour combattre les infidèles, et jadis il s'est glorieusement acquitté de cette mission; mais depuis longtemps il reste inutile à la patrie et à la Chrétienté. Plongé dans le luxe, l'oisiveté, la mollessc.il reste tranquillement au gite. L'Empereur et l'Empire doivent l'exciter à porter la guerre sur la frontière hongroise. Pourquoi n'imiteraient-ils pas les chevaliers de Malte qui luttent si vaillamment contre les Turcs? En leur abandonnant une ville de Hongrie pour en faire leur résidence, en leur promettant toutes les conquêtes qu'on pourrait faire pendant les campagnes, on leur rendrait du courage, et peut-être verrait-on refleurir parmi eux là vaillance, la loyauté, la discipline et les mœurs d'autrefois. Les choses alors changeraient de face. L'ordre deviendrait pour la jeune noblesse une école de chevalerie, d'honneur; on s'y rendrait avec empressement; et c'est là qu'en cas de guerre on trouverait les meilleurs chefs. »
En concluant, Schwendi recommandait à l'Empereur et aux membres d'Empire de veiller à ce que les Pays-Bas ne se séparassent pas de l'Empire pour aller se placer sous l'autorité d'une
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