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LES MEMBRES D EMP1RE CONTRE LES PROJETS DE RÉFORME

et l'exécution delà paix publique, un gouverneur militaire fût élu, et que dans chaque ville un arsenal fût organisé ainsi qu'une caisse militaire, pour parer aux nécessités pressantes d'une attaque imprévue *.

« Quant à la situation extérieure, » disait encore la déclaration impériale, « on ne peut se dissimuler, que le Saint-Empire, en partie par la faute des secrètes pratiques et des attentats de l'étranger, en partie par la faute des nôtres, n'aille s'atfaiblissant de jour en jour. L'Empire est amoindri, et tellement déchu dans ses membres, son armée, son crédit, son autorité et ses lois que, si on n'y met obstacle et qu'on n'apporte au mal un remède efficace, il faut s'attendre prochainement à la dissolution finale. II est grand temps que les membres d'Empire prennent à cœur une situation si critique et recherchent avec nous les moyens de prévenir une catastrophe imminente 2. »

Mais toutes ces sages réflexions « restèrent dans le discours impérial ».

L'interdiction des enrôlements pour l'étranger rencontra une vive résistance parmi les membres d'Empire protestants; elle leur ôterait, prétendaient-ils, « la liberté de venir en aide aux chrétiens affligés de France, des Pays-Bas, et même de l'Allemagne, et ils ne voulaient à aucun prix qu'elle leur fût enlevée « On ne souffrira pas, » écrivait le délégué de Francfort, « que la liberté allemande soit tellement entravée que nos frères persécutés des pays étrangers et aussi du Saint-Empire romain restent exposés aux plus grands malheurs, ce qui arriverait infailliblement s'ils ne pouvaient plus compter sur notre secours et assistance 3. »

Ehem, chancelier de l'Electeur palatin, prétendit voir dans la loi proposée le dessein prémédité de lier les mains aux Allemands et de leur imposer des choses exorbitantes et inadmissibles * .

1 Déclaration Impériale du 13 juillet 1570 , Frankfurter Reichs tagsacten, t. LXXIV, fol. 45-84. D'après le protocole des archives de Francfort (Reichstagshandlangen de anno i5jo, t. II, fol. 34j-6o5,) l'Empereur arriva à Spire le 13 juin et attendit l'arrivée de plusieurs Electeurs et princes jusqu'au 13 juillet, jour où la Diète put enfin s'ouvrir. Après que le secrétaire d'Empire, André Erslenberger (l'auteur de VAutonomia) eut donné lecture de sa déclaration, Maximilieo adressa un discours personnel à rassemblée, exprimant l'espoir que les membres d'Empire prendraient à cœur ses propositions, « puisqu'elles ne visaient à autre chose qu'au maintien dans l'Empire, de la bienfaisante paix, de la tranquillité, de l'ordre, de l'extinction des querelles et des troubles. »

1 * Reichstag sacten, loc. cit.

3 Koch, Quellen, t. II, p. 64.

4 Kxuckhohs, Briefe, t. II, p. 403.

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