LES MEMBRES D'EMPIRE CONTRE LES PROJETS DE RÉFORME
« Oter à l'Empire le droit d'enrôlement, » dit le comte palatin Georges-Hans, « c'est lui retirer su force, sa substance *. »
L'ambassadeur du duc Jean-Guillaume de Saxe déclara à son tour que le discours impérial semblait n'avoir d'autre but que de permettre aux prêtres d'attenter à la liberté des laïques et de leur couper les vivres; que son maitre était au service de la couronne de France, et comptait rester à son poste 2.
Les membres d'Empire ecclésiastiques et la Bavière donnèrent d'abord leur assentiment à la proposition impériale. Mais bientôt «r la pusillanimité catholique » l'emporta. L'ambassadeur bavarois se tint en dehors de la question: il prétendit avoir entendu dire que cette grnve résolution attentait à la liberté allemande et qu'elle favorisait une religion aux dépens d'une autre; il trouvait donc prudent de laisser les choses en leur état, « ne voulant pour rien au moude donner lieu à de telles méfiances et augmenter encore les embarras présents 3. »
En vain l'Empereur répéta-t-il que lorsqu'il s'agirait d'enrôlements importants il ne déciderait pas seul, mais toujours avec le conseil et l'assentiment des Electeurs : toute l'affaire n'eut d'autre résultat quo la phrase insignifiante et dérisoire du recez : « Les enrôlements de guerre pour l'étranger n'auront plus lieu désormais sans que l'Empereur en ait été instruit. »
Les autres propositions du discours impérial « suivirent », elles aussi, « la voie de toute chair ». « Les membres d'Empire, » avait dit Maximilien, « comprendront d'eux-mêmes que l'organisation actuelle des cercles n'offre pas à la nation une sécurité, un appui suffisants contre les ennemis du dehors. Gomme pour ma part j'en suis très convaincu, j'ai pensé améliorer cet état de choses en nommant pour chaque cercle un général en chef et un lieutenant, en organisant un arsenal ou dépôt de guerre et en fondant une caisse militaire afin de nous préparer de précieuses ressources en un cas de pressant danger. L'utilité générale de ces mesures est si évidente que les sacrifices qu'elles vont nous imposer ne doivent effrayer personne. Il est bien entendu que le général en chef et son lieutenant u'exerceront leurs fonctions qu'en cas de nécessité, dans un péril imminent, et qu'ils ne toucheront leurs appointements, fournis par l'Empire, qu'en temps de guerre. Eu fondant une caisse militaire, mon dessein est de remédier au grave inconvénient dont nous avons eu souvent à souffrir, car l'argent indispensable
1 * Reich stagsthandlungen (archives de Francfort), t. II, fol. 446. * * Reichstagshandlangen, t. II, fol. 448. '* Reichstagshandlungen, t. H, fol. 447.