‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 197 sur 315 · IE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE INTERNATIONAL JUSQU'EN · texte numérisé non relu

IE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE INTERNATIONAL JUSQU'EN

Depuis la paix de Saint-Germain, le parti huguenot dominait entièrement en France. Ses chefs s'étaient tellement emparés de l'esprit du roi qu'ils pouvaient pour ainsi dire leconsidérer comme un des leurs. Le nonce écrivait en octobre 1570 à l'ambassadeur d'Espagne Alava: « Catherine de Médicis ne croit pas en. Dieu, non plus qu'aucun de ceux qui vivent dans son entourage ou dans celui du roi 4. » A peine les négociations avec les Turcs étaient-elles entamées que Catherine conçut la pensée d'attacher l'Angleterre aux intérêts français par le mariage du duc d'Anjou, son troisième fils, avec la reine Elisabeth. On espérait, du côté protestant, que ce mariage entraînerait la victoire définitive du Protestantisme en Europe. « Si le duc d'Anjou est docile, » écrivait le ministre anglais Cecil en mars 1571, « il pourra, soutenu par l'Allemagne et les autres pays protestants, devenir le vaillant champion du Seigneur, pour l'éternelle confusion du papisme. » Un entretien qu'eut Charles IX avec l'ambassadeur d'Angleterre à Paris fit croire un moment que le roi songeait à rompre définitivement avec Rome a. Catherine fut extrêmement irritée lorsque le duc d'Anjou lui déclara qu'il n'épouserait Elisabeth que dans le cas où la reinejautoriserait en Angleterre le libre exercice du culte catholique. Elle écrivait le 25 juillet à l'ambassadeur de Franco à Londres : «Ces sornettes ont sans doute été mises dans sa tête par ses mignons, mais je saurai bien m'en venger. » Effectivement, le plus influent d'entre eux, Ligneroles, était assassiné peu do temps après. Catherine, dans sa lettre à l'ambassadeur, ajoutait que, si elle ne venait pas à bout du duc d'An-

1 Baumoarten , pp. 33-34.

* Kkrvyn de Lkttenhove, t. II/p. 270.

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