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AMBITIEUX PROJETS DE LA FRANCE RELATIVEMENT AUX PAYS-BAS

jou, elle essayerait de faire agréer à la reine son plus jeune fils, le duc d'Alençon, qui, disait-elle, ne ferait point tant de difficultés ». Pour vaincre les résistances du duc d'Anjou, elle s'efforça d'obtenir pour lui la permission de pratiquer sa religion en secret. « 11 n'est pas douteux, » écrivait-elle en Angleterre, « que la reine ne parvienne très prompte ment à convertir le prince. « Mais Elisabeth fut inflexible, et le mariage ne se fit pas 2. Cependant, le 19 avril 1572, un traité fut conclu entre la France et l'Angleterre. Les deux puissances se promettaient un mutuel appui « dans le cas où l'une d'elles serait attaquée pour un motif quelconque ». Charles IX, qui songeait à porter la guerre dans les Pays-Bas, avait tout fait pour s'assurer l'appui d'Elisabeth.

La conquête des Pays-Bas et le mariage d'Henri de Navarre avec Marguerite de Valois, sœur de Charles IX, tels étaient les deux plus chers désirs des Huguenots depuis la signature de la paix de Saint- Germain. Colign y avait fait de La Rochelle son centre d'action, sa capitale. Louis de Nassau, frère d'Orange, qui s'y était établi, y commandait plusieurs galères. Comme un vrai chef de pirates, il attaquait et pillait les vaisseaux espagnols chargés de marchandises et vendait publiquement son butin 3. Philippe H s'en plaignità Charles IX, mais inutilement. « Mon intention est de soutenir le prince d'Orange, » déclarait le roi en mars 1571 à l'ambassadeur de Florence, a et j'entends m'occuper tout particulièrement des intérêts des Flamands. » Il entra en négociation avec Guillaume d'Orange. Louis de Nassau et Coligny lui faisaient espérer l'appui de deux Electeurs laïques dans le cas où il se déciderait à envahir les Pays- Bas. Tandis que les princes d'Orange répétaient à satiété dans leurs manifestes ce que la liberté et l'indépendance de la patrie étaient l'unique but qu'ils poursuivaient j>, tous deux discutaient avec Charles IX les conditions des plus honteux marchés, conduite que leurs plus zélés partisans ont justement flétrie. Approuvé par Guillaume, Louis, dans une entrevue secrète qu'il eut avec le roi en juillet 1571, proposa le partage des Pays-Bas. La France devait avoir la Flandre et l'Artois ; l'Angleterre, la Zélande et Flessingue ; la Hollande, le Çrabant; les duchés de Gueldre et le Luxembourg devaient passer sous la domination d'Orange. « Electeur du Brabant et prince du Saint Empire, » Louis avait communiqué tous ces plans à Walsingham, ambassadeur d'Angleterre à Paris, et lui avait fait comprendre combien Elisabeth avait intérêt à les

1 Recueil des dépêches, rapports, etc. Londres, 4838-1840, l. VII, p. 234.

* BaITMG ARTEN, p. 61.

* Kervyn de Lette.niiove, t. II, pp. 290*292, note. Baumgarten, p. 153.

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