‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 199 sur 315 · LA RÉVOLUTION INTERNATIONALE · texte numérisé non relu

LA RÉVOLUTION INTERNATIONALE

encourager. « La Zélande, » lui avait-il dit, ce mettrait la clef des Pays-Bas dans la main de la reine; alliée des princes allemands, elle pourrait alors s'opposer au dangereux esprit de conquête de la France. » Walsingham s'était montré favorable au « grand projet » et avait promis d'y intéresser sa souveraine. « Les princes alle- . mands, » écrivait-il à Londres, « prévoient que la France, si elle obtient les provinces flamandes, deviendra trop puissante, c'est pour cela qu'on a proposé ce partage. Louis de Nassau a été choisi par Dieu pour accomplir les plus glorieux exploits et procurer sa gloire. La reine fera bien de l'y aider, afin que le feu qui commençe déjà à jeter des étincelles devienne un grand brasier et que nous puissions tirer quelque avantage de sa chaleur *. »

Charles IX avait «l'esprit tout rempli de projets de conquêtes», et Coligny lui devenait de plus en plus cher. L'amiral fut invité à sa cour (septembre 1371) et fut chaleureusement accueilli à Blois. Lo roi le combla d'honneurs et de présents; on alla jusqu'à lui abandonner les bénéfices et les revenus d'une riche abbaye. Charles l'appela dans son conseil, et lui donna le commandement de l'armée des Pays-Bas. Mais l'ambition de Coligny allait bien au delà.

Comme tous les chefs de la révolution internationale, rois ou princes, il rêvait l'humiliation de l'Espagne, la plus grande puissance catholique de l'Europe; lui-même confesse que, dans toutes ses entreprises, il a eu surtout cet objet en vue. En Angleterre, dans les cours protestantes de l'Allemagne, à Constantinople, ses agents travaillaient dans ce sens. Il entretenait des relations secrètes avec les Maures d'Espagne; dans les Indes Orientales, il s'efforçait de tarir les sources de la richesse espagnole et poussait les cantons protestants à s'allier avec la Frauce contre Philippo II*.

Au mois d'août 1571, Charles IX, répondant aux avances des princes allemands3, envoya à la cour de Saxe un négociateur habile, Gaspard de Schömberg, pour préparer une alliance défensive entre la France et les membres d'Empire protestants. Schömberg dit à l'Electeur Augusto « que le roi craignait extrêmement les persécutions du Pape et de ses alliés au sujet de la paix de religion qu'il voulait à tout prix maintenir; qu'il était tout dévoué aux maisons duPalatinat, de Saxe, de Brandebourg, de Hesse, de Brunswick et de Wurtenberg, et désirait très particulièrement entretenir avec elles une bonne et cordiale amitié, espérant en recevoir à son tour conso-

' Juste, II ist. de la Révolution des Pays-Bas, t. II, pp. 251-256. Voy. surtout Kervtn de Lettehhove, t. II, pp. 301-321 .

* Kervyn de Letteniiove, t. II, pp. 325-333. Seuesser, t. II, p. 132.

» Instruction pour Schömberg voy. Groek yak Priksterer, t. IV, 1*.... « sur les offres qu'il luy faisait le premier ».

Page 1