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LA FRANCE ET LES PAYS-BAS

s'étaient engagés par serment à ne faire aucun mal aux prêtres ; cependant dix -neuf d'entre eux furent exécutés après avoir subi d'horribles tortures. Tous avaient refusé d'aposlasier. Leurs cadavres furent mis en pièces par les soldats. « Ces idolâtres et ces fabricants de dieu, » comme les appelaient les Calvinistes, moururent en héros, avec une constance qui fait songer aux martyrs des premiers siècles chrétiens l.

Tandis que le duc d'Albe pressait le siège de Möns, Guillaume d'Orange, à la têtede 7.000 retires et de 17.000 lansquenets, arrivait sur le Rhin. Bien qu'il eût promis à tous la liberté de conscience, ses soldats massacrèrent prêtres et moines de la manière la plus barbare 2. Mille gentilshommes huguenots et un corps franc composé de 6.000 soldats, sous la conduite deGenlis, accoururent au secours de la ville assiégée; Charles IX en avait été informé. Deux mille soldats anglais débarquèrent à Klcssingue dans le même dessein, et cependant ni PAngleterre ni la France n'avaient encore fait aucune déclaration de guerre au légitime souverain des Pays- Bas. Le 17 juin 1572, l'armée deGenlis fut battue par l'armée du duc d'Albe, et Gen lis fait prisonnier.On trouva dans ses papiers une lettre de Charles IX adressée à Louis de Nassau dans laquelle le roi promettait d'employer toutes ses ressources pour délivrer les Pays-Bas du joug espagnol3. A la même date, Philippe II avait reçu de lui les plus chaudes protestations d'amitié et l'expression de tous ses regrets « de ce que quelques-uns de ses vassaux se fussent joints aux rebelles ». « Je lui ai répondu comme si j'ajoutais foi à ses assurances,» écrivait Philippe II au duc d'Albe le 2 août 4. A Paris, Coligny menaça l'ambassadeur d'Espagne, et lui déclara que s'il n'obtenait la mise en liberté des prisonniers français, il lui en coûterait la vie, et qu'aucun Espagnol ne serait en sécurité en France 5.

Möns se rendit. Le duc d'Albe attendait encore d'Allemagne des renforts considérables. La reine Elisabeth, hésitant à rompre ouvertement avec l'Espagne, rappela ses troupes et ses vaisseaux.

Le moment de se prononcer était venu pour Charles IX. Coligny et les autres chefs huguenots ne cessaient de le pousser à déclarer la guerre à l'Espagne. L'occasion, disaient-ils, était on ne peut plus favorable. Les Turcs tenaient l'Empereur en échec, le

1 Voy. Holzwarth, t. III, pp. 23-51.

1 Kbrvyn de Lkttknhovk, l. III, p. 65. • Me* gens, » écrivait Orange, m se sont plus attachés aux prêtres et moines. » Voy. Giioen van Pkinsterer, t. III, p. 482.

1 Lettre du 27 avril 1572, voy. Gachaud, Correspondance de Philippe II, t. II, p. 269.

* Gachard, Corresp., t. H, p. 271, n°il5i.

1 Baumuautek, 204, 206. Kjsrvyk de Letten-Hove, t. II, p. 497.

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